A Lire
Change
archive mag janvier 2003
Soyez le premier à réagir
Un des principes de base, quand on découvre une entité aussi vaste et intéressante que Jackie O'Motherfucker est le principe de précaution. Car il serait urgent de dresser un périmètre de sécurité entre ce groupe protéiforme, qui compte entre huit et vingt participants, et ses contemporains. Il y a ici la même implacable sensation d'honnêteté que lorsqu'on entend le Velvet Underground pour la première fois. Le moment le plus marquant, quand on découvrit la formation sur scène à l'occasion du festival The Wire, fut la surprise de voir Jackie O'Motherfucker jouer du folk. Soit une musique antédiluvienne ici envisagée avec l'inventivité, l'urgence et la complexité du jazz et de l'avant-garde. Ce qui pourrait être a priori très abstrait et prétentieux ne l'est finalement que peu à l'écoute de Change. Tous les morceaux s'installent dans la durée (dix minutes de moyenne), et si l'on songe parfois à quitter les lieux sans se retourner, il y a toujours un élément perturbateur qui, par sa beauté (les mélodies, régulièrement bénies des dieux) ou sa force de persuasion, nous conduit à contempler ces ruines reboisées de la musique américaine. Troublant.
Étienne Greib
article extrait de :
MAGIC RPM #67
Commentaires
Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :