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Ladies First
archive mag novembre 2005
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Jack The Ripper fait partie des rares groupes de "rock" français dont les balbutiements contenaient la promesse d'une carrière à suivre. Il y avait dans les deux premiers albums (The Book Of Lies en 2001, puis I'm Coming deux ans plus tard) une fièvre et un instinct que certaines maladresses, notamment une production trop monochrome, ne pouvaient réellement entamer. Que ceux qui s'étaient laissé aller à la mélancolie vénéneuse que la formation distille en concert se réjouissent donc : Ladies First, disque de maturité, rend enfin justice à son talent de pyromane du son. Comme à l'accoutumée, ça sent la fumée et le vieux cuir : Nick Cave est accoudé au comptoir, Kurt Weil joue au poker dans le fond avec Tom Barman, et des tziganes ivres morts titubent sur la piste de danse. Seulement, on a affaire ici à des musiciens en pleine possession de leurs moyens et de leur style. Des titres comme From My Veins To The Sea, White Men In Black ou Vargtimmen, sous une apparente simplicité, dévoilent un peu plus à chaque écoute leurs souterrains chamarrés. Fort de ses talents d'arrangeur, Jack The Ripper se montre littéraire mais jamais pédant, lyrique mais pas larmoyant. Si l'on accepte les étranges accents de la voix du chanteur et une tendance à piocher sans compter chez Calexico (I Was Born A Cancer, The Apeman, The Bride And The Butterfly), cette formation apparaît comme l'une des plus attachantes du moment dans notre Hexagone étriqué.
MICHAEL PATIN
article extrait de :
MAGIC RPM #95
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