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Snow Job

archive mag juin 1996
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Quatre ans après, Jack Frost revient à la vie, avec un second album au titre en forme de mauvais jeu de mot, Snow Job. Si vous avez raté le début, c'est leprojet annexe de Steven Kilbey, ex-Church, et de Grant McLennan, ex-Go-Betweens, pro de la chanson en vrai bois comme on n'en fait plus et qui s'essouffle quelque peu en solo. Ce qui gêne ici, c'est en fait ce qui rendait déjà difficile le concertde McLennan à Paris il y a un an : on reconnaît la patte d'un orfèvre, mais la finesse est noyée sous une production à la louche, voire à la pelle. Cela vient peut-être du délai entre l'enregistrement, qui a eu lieu en 93, et le mixage et la finition de Snow Job, qui n'ont pris place qu'en 95. L'excuse donnée par Kilbey ("Jene sais pas pourquoi on ne l'a pas sorti avant, on avait d'autres choses en tête...") laisse un doute, comme si elle cachait mal un manque de confiance dans cesmorceaux écrits principalement en studio et enregistrés dans la foulée. Revendiquée, cette spontanéité est d'ailleurs en contradiction directe avec le lourd travailde production qui pèse sur l'album. A tel point que l'on a parfois l'impression d'entendre du Pink Floyd produit par un Gilmour qui ne laisserait qu'une placeinfime et bien délimitée à Syd Barrett. Seule Little Song sort, et même facilement, du lot. Après l'écoute de ces 13 titres, il ne reste pas grand chose. Et ce n'estpas plus mal pour McLennan et Kilbey.

Arnaud Lefeuvre

magazine num 8 article extrait de :
MAGIC RPM #8


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