A Lire

Road Rail River

archive mag septembre 2006
Soyez le premier à réagir

"Par où t'es rentré ? On t'a pas vu sortir !" C'est exactement ce que l'on aurait envie de demander à Paul Frederick, dont on avait perdu la trace quelque part en 1992 (ça ne nous rajeunit pas, certes, mais lui non plus) alors qu'il oeuvrait encore au sein des sympathiques et aujourd'hui méconnus The Family Cat, le temps d'enregistrer quelques singles convaincants et un album qui l'était un peu moins, et dont la postérité retiendra essentiellement qu'on y entendait aux choeurs une jeune débutante prénommée PJ Harvey. Disparu de la circulation depuis un bon moment, Frederick resurgit aujourd'hui, acoquiné avec le dénommé Chris Cordoba. Les deux compères ont eu beau, paraît-il, enregistrer un premier album en 2004, ce n'est qu'à l'occasion de la sortie de Road Rail River que l'on a l'occasion de se faire une idée plus précise des forces et des faiblesses de Jack Adaptor. Résolument tournés vers le Nouveau Monde, Frederick et Cordoba optent la plupart du temps pour une production spartiate, s'inscrivant souvent dans la grande tradition des groupes britanniques qui ont puisé l'essentiel de leur inspiration dans la contemplation d'une Amérique mythique et fantasmée. La grande majorité des titres de Road Rail River cherchent donc à se placer quelque part entre Exile On Main Street et Gomez, pour faire vite, sans parvenir à nous convaincre véritablement de la nécessité de leur existence. Paradoxalement, c'est lorsque Jack Adaptor s'éloigne un peu des poncifs country blues pour se rapprocher de la modernité (Everyone Talked About Us, digne de Lloyd Cole, ou Who Can Shout Loudest, qui rappelle The Sea And The Cake) qu'il se montre le plus à son aise. Au total, Frederick nous offre des retrouvailles plutôt agréables. Mais pas encore de quoi fouetter The Family Cat.

Matthieu Grunfeld

magazine num 103 article extrait de :
MAGIC RPM #103


Commentaires


Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :



Mot de passe oublié ? - S'inscrire