On les avait repérés l'année passée à La Route Du Rock, avec leur dégaine arty, leurs mèches sculptées, leur rock crépusculaire et référencé (Joy Division et surtout The Chameleons). Plus efficaces qu'originaux, on leur avait néanmoins trouvé quelque chose. Des semaines plus tard, dans une petite salle parisienne, on commençait à se convaincre du talent de ces New-Yorkais (responsables jusque-là d'un maxi sur Chemikal Underground), à savourer leurs compositions accrocheuses. Turn On The Bright Lights risque d'en hérisser certains, mais comment ne pas baisser la garde devant des chansons aussi bien troussées ? Derrière une froideur incantatoire, soutenue pas la voix d'outre-tombe du chanteur (assez bon sosie vocal de Ian Curtis), se cache chez Interpol une réelle force mélodique. Les arrangements de guitares entrelacées et de basse new-wave, calculés au millimètre, font de titres tels que Untitled, le single PDA, Stella Was A Driver And She Was Always Down ou Leif Erikson de vicieuses machines atmosphériques. Trop bien sapés, trop réfléchis ? N'empêche, les chansons tiennent la route sans problème. Pourquoi s'en plaindre ?