En kiosque actuellement Commander

Our Love To Admire de Interpol

chronique d'album

Pour la première fois en trois albums, les dandys new-yorkais de Interpol ont enregistré dans leur ville d’origine, qui leur avait pourtant déjà inspirée plus d’une chanson sur les brillants Turn On The Bright Lights (2002) et Antics (2004). Ici, Our Love To Admire, titre pacifiste et/ou égotiste sous lequel les onze morceaux sont proposés, renferme quelques moments rares et aurait la capacité de rendre le monde meilleur. Toute proportion gardée, bien sûr. Une certitude : Interpol a grandi, mûri. Que Pace Is The Trick ou Wrecking Ball le veuillent ou non, ces chansons en sont le fruit. Car Interpol démontre ici ses capacités à démultiplier sa créativité, notamment au niveau d’arrangements vocaux d'une qualité exemplaire et d’esquisses de guitares (lorsque les parties aiguës concentrent toute notre attention) à nous faire perdre la tête… Dommage qu’en fin de parcours, The Lighthouse rappelle trop le début de l’album (et du groupe), car quand bien même ce titre se voudrait expérimental, l’auditeur averti reconnaîtra trop vite les natifs de la Big Apple sans s’y tromper. Mais, pour en revenir à l'excellence, The Heinrich Maneuver, premier single accrocheur, aurait pu être l’œuvre de l’un de ces nombreux nouveaux symboles de la scène d’outre-Manche (Bloc Party en tête), preuve tangible de cette nouvelle frontière que vient de franchir Interpol, sans oublier bien sûr le parfait All Fired Up, également un rien british, ou l’hypnotique Rest My Chemistry, futur cheval de bataille scénique avec sa rythmique obsédante et ses paroles répétées sans relâche. Avec Our Love To Admire, Paul Banks et sa bande n’ont pas sombré dans la facilité, mais ne se sont pas transcendés non plus : ils ont tout simplement su s’élever à une position à laquelle peu de formations actuelles peuvent prétendre.

Benjamin Fournet
MAGIC RPM  #112


Réagissez

Votre réaction :

Votre pseudo :

Prévisualiser