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Pour la première fois, Interpol publie un album meilleur que le précédent. Pour expliquer ce sursaut, certains gloseront sur le retour du groupe new-yorkais sur une structure indépendante, ou sur l’arrivée de David Pajo et du court sur pattes Brandon Curtis (Secret Machines), respectivement à la basse et aux claviers. Mais il est évident que Paul Banks et ses hommes en noir se devaient avant tout de retrouver une tension, au mieux nouvelle, sinon propre à celle de leurs débuts, d’une manière moins volontariste et poussive que ces dernières années. C’est, sans trop de surprise, la deuxième option qui est privilégiée. Huit ans après un premier album définitif, Interpol fait strictement du Interpol. Il enfonce le clou de son lyrisme lugubre, quelques plages atmosphériques (et assez réussies) en plus. Que pourrait-il faire d’autre ?

Il y a un privilège chez les groupes qui débutent laborieusement, qui est de conserver dans leur musique la vision inséparable de l’effort vers la forme distincte, une vibration et un changement que ne connaissent pas ceux qui se condamnent à égaler ou surpasser de manière souvent pâteuse un coup d’éclat inaugural. C’est particulièrement valable pour Interpol, dont la palette très réduite (deux, trois niveaux d’anthracite) ne permet pas beaucoup de modulations. L’aspect fiévreux et tout à la fois épuisé, qui fait le prix de ce quatrième LP, provient justement de cette conviction qu’après avoir bataillé dix ans durant en se cognant aux entournure d’une œuvre, non seulement délibérément étriquée, mais aussi brillamment arrêtée, on reste toujours autant pénétré du sentiment que si jamais elle est à reconquérir afin de pouvoir continuer, c’est de la manière la plus éreintante qui soit. Sorte de victoire vraiment à l’arrachée (c’était sans doute ça ou le split), la majesté effondrée de ce disque, qui n’a pas été baptisé Interpol simplement par manque d’inspiration, provient indubitablement de là.

> Écoutez Interpol en intégralité via Myspace.
Julien Welter
MAGIC RPM  #145


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vebop - 20/09/2010 09:30
belle chronique intellectualisée et romantique pour eviter d ereinter un album " creux"
du titre de l album a la musique ,tout a déja été fait et entendu en beaucoup mieux sur notamment ce fameux 1er album
je crois qu ils ont déja tout dit !
une deception annoncee largement compensee par toutes les bonnes choses que votre magazine met en exergue
check the vibes!