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Gods And Monsters

archive mag avril 2005
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Dilemme: Gods And Monsters est certainement le moins bon album de I Am Kloot, mais contient pourtant certaines de leurs meilleures chansons. Le trio n'en est pas à un paradoxe près. Basé à Manchester, il partage bien peu avec la scène locale. La voix de John Harold respire le nord de l'Angleterre industrieuse, mais la souplesse musicale du groupe le rapproche plus de cousins américains comme Clem Snide et son folk urbain serré comme un expresso. Et puis, il y a ce nom aberrant (quelque chose comme Je Suis Couille) qui restitue mal l'élégance et la sensibilité de I Am Kloot. Ce troisième opus le voit faire un petit ménage de printemps : on change les meubles de place, on retrouve des vieux papiers, on brasse de la poussière et des souvenirs aussi. Et tout ça est là, en vrac, sur ce God And Monsters qui pour être attachant n'en est pas moins décousu et fatalement inégal. Débrancher ou rebrancher ses guitares, sucrer ou poivrer ses chansons, I Am Kloot a ici bien du mal à faire son choix. Entre des morceaux parfois presque autoparodiques (Strange Without You), le trio balance pourtant une grosse poignée de chansons qui devraient asseoir tout le monde et écraser la concurrence pour un moment. Ainsi, No Direction Home, Over My Shoulder et The Stars Look Familiar sont probablement les choses les plus pop et magiques que la formation ait produites, courtes, simples et diablement accrocheuses, avec leurs rythmiques sautillantes et un piano occasionnel. En fin de disque, la bouleversante Coincidence vient rappeler cette règle intangible : le "moins bon album" d'un groupe essentiel sera toujours plus intéressant et touchant que le tout-venant des emballements saisonniers.

VINCENT THÉVAL

magazine num 89 article extrait de :
MAGIC RPM #89


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