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Stories From The Safe House de Hugh Coltman

chronique d'album
Il aura suffi d'un coup d'œil sur sa barbe en friche, ses chemises à carreaux élimées et son patronyme de porte-flingue américain pour hâtivement envisager Hugh Coltman comme la énième révélation folk de l'année. Renseignements pris, ce Parisien d'adoption est originaire de Bristol – un coin pas franchement reconnu pour la médiocrité de sa scène musicale –, et joue de tout sauf de la néo-country paupériste. De sorte qu'à l'inévitable jeu des comparaisons, ce serait plutôt aux côtés de Falling Off The Lavender Bridge (2008) et Alopecia (2008) que l'on rangerait cet inaugural Stories From The Safe House.

Qui, bien que plus apaisé que les récentes merveilles de Lightspeed Champion et Why?, propose la même créativité débridée, le même soin dans l'écriture des chansons. Un peu long à démarrer – l'affaire se précise aux deux tiers du troisième titre, On My Hands –, le disque trahit bien vite le don de son auteur. C'est prouvé, Hugh Coltman dispose du don d'ubiquité ! Croisé à la fois sur la scène de La Flèche d'Or (Something Wicked This Way Comes), dans les brumes du nord de l'Angleterre et en Jamaïque (Magpie), ce fils spirituel d'Elvis Costello (pour le juste mot) et Dennis Wilson (pour le triste piano) compose, joue et arrange en technicolor.

Et il reçoit sans compter, comme en témoigne notamment la présence du guitariste Thomas Naïm ou du producteur Marlon B. (Sébastien Tellier, Ginger Ale, Albin De La Simone). Et quand l'humeur se teinte de jazz cool (Where Did The Day Go), on réalise que ce n'est pas un hasard si une simple lettre sépare Hugh du grand Ornette Coleman… Autant de bonnes raisons de croire aux belles histoires de ce tonton flingueur !
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #124


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