Sur le
dramatiquement sous-estimé Elevator
(2005), Hot Hot Heat s’était débarrassé des oripeaux de la branchitude pop du
début des années 2000, fondus dans le creuset d’un rock’n’roll vitaminé qui
puisait son énergie dans la simplicité percutante du rock des années 70, voire
dans l’héritage des Rolling Stones. À la clé, une palanquée de tubes
magnifiques, des petits ascenseurs pour la postérité. S’il renoue avec l’art du
gimmick ravageur, Happiness Ltd
reste bloqué à un étage inférieur, faute de compter suffisamment de chansons
originales et percutantes. Le début est même assez douloureux, entre un long
morceau pataud, un autre qui radote (5
Times Out Of 100) et le single Let Me In, gonflé aux anabolisants
(classieux arrangements de cordes en guise de cache misère mélodique).
Il faut attendre Harmonicas & Tambourines pour sauter au plafond, phénoménale tuerie qui renoue avec une écriture jubilatoire, un sens de la production irrésistible (cette rythmique) et des paroles inspirées (“Her Chelsea clothes and Brooklyn dreams/They’re living in her head but dying in her magazines”). Les Canadiens ont deux autres tubes sous le bras, un Give Up pétaradant et un So So Cold lyrique porté par un mémorable gimmick de synthé. Mais la surprise vient d’une chanson ample et mélancolique, réussite inattendue dans un registre qui évoquerait volontiers les Pixies repris au ralenti par David Bowie, avec force cordes, chœurs et guitares. Le chevelu Steve Bays y chante avec une douceur qu’on lui connaît peu et porte une mélodie somptueuse. Preuve qu’à défaut de retrouver l’incandescence du passé, on peut encore se réchauffer chez Hot Hot Heat.
Il faut attendre Harmonicas & Tambourines pour sauter au plafond, phénoménale tuerie qui renoue avec une écriture jubilatoire, un sens de la production irrésistible (cette rythmique) et des paroles inspirées (“Her Chelsea clothes and Brooklyn dreams/They’re living in her head but dying in her magazines”). Les Canadiens ont deux autres tubes sous le bras, un Give Up pétaradant et un So So Cold lyrique porté par un mémorable gimmick de synthé. Mais la surprise vient d’une chanson ample et mélancolique, réussite inattendue dans un registre qui évoquerait volontiers les Pixies repris au ralenti par David Bowie, avec force cordes, chœurs et guitares. Le chevelu Steve Bays y chante avec une douceur qu’on lui connaît peu et porte une mélodie somptueuse. Preuve qu’à défaut de retrouver l’incandescence du passé, on peut encore se réchauffer chez Hot Hot Heat.