Heroes est le cinquième volume de la série de
compilations débutée en catastrophe par Help (1995) et initiée par War
Child, ONG destinée à venir en aide aux enfants victimes des guerres dans le
monde. Tout ceci part donc d’un bon sentiment, mais une cause, aussi belle
soit-elle, justifie-t-elle l’achat aveugle d’un disque ? Si c’était le
cas, on posséderait tous La Voix D'Un Ange (2007) de Grégory Lemarchal.
Or donc, si le précité Help avait été enregistré, pressé et publié en
moins d’une semaine, Heroes a bénéficié de six mois d’enregistrement aux
quatre coins de l’Europe et ne contient que des reprises de quelques standards
par la jeune garde pop moderne.
On passera rapidement sur les hommages fidèles qui allient manque d’audace et exécution scolaire : Scissor Sisters s’ébat dans les paillettes de Roxy Music (Do The Strand), Yeah Yeah Yeah mime The Ramones (Sheena Is A Punk Rocker), The Kooks s’attaque aux Kinks (Victoria) et Peaches relifte électroniquement The Stooges (Search And Destroy). Ajoutons à cela une sœur soûlante en la personne de Duffy, qui grince Live And Let Die (l’un des plus mauvais titres de McCartney), et l’on craint que les bambins ne doivent quémander quelques pièces jaunes au brave David Douillet. C’est sans compter sur quelques relectures plaisantes : The Like défouraille You Belong To Me de Costello tandis que Rufus Wainwright épure deux morceaux tirés du Smile (2004) de Brian Wilson, les transformant en ode victorienne (Wonderful/Song For Children).
Mieux encore, Bruce Springsteen tire son propre Atlantic City de Nebraska (1982) et le réarrange façon Born To Run (1975) avec l’aide du saxophoniste Clarence Clemens. Renseignement pris, il s’agit de The Hold Steady, livrant un ahurissant numéro de transformiste, à garder au chaud pour les blind-tests. Enfin, ce florilège contient quelques divines surprises. Ainsi, de Beck, décidément en grande forme : à l’origine posé sur un blues façon Sonny Terry & Brownie McGee, la chanson Leopard Skin Pill-Box Hat se voit transformée, méconnaissable et parfaite, à la grâce de guitares à la puissance toute “t.rexienne”. Lily Allen surprend et débarrasse Straight To Hell de sa moiteur tropicale à coups de déodorant bon marché – l’âpreté de Strummer étant éclipsée au profit du brin de voix aussi anecdotique que charmant de la demoiselle.
TV On The Radio livre une version savamment subsonique de Heroes, et Franz Ferdinand s’égosille vaillamment sur Call Me de Blondie (par ailleurs auteur d’un single intitulé… War Child). Le meilleur est pour la fin : Hot Chip revisite Joy Division et double Ian Curtis à la… corde dans une version multicolore et lumineuse de Transmission, qui tient autant de Kraftwerk que de LCD Soundsystem. Cette compilation, aussi inégale soit-elle, mérite l’achat sur la foi de cette seule reprise. Si vous ne le faites pas pour les enfants, faites-le au moins pour Hot Chip.
On passera rapidement sur les hommages fidèles qui allient manque d’audace et exécution scolaire : Scissor Sisters s’ébat dans les paillettes de Roxy Music (Do The Strand), Yeah Yeah Yeah mime The Ramones (Sheena Is A Punk Rocker), The Kooks s’attaque aux Kinks (Victoria) et Peaches relifte électroniquement The Stooges (Search And Destroy). Ajoutons à cela une sœur soûlante en la personne de Duffy, qui grince Live And Let Die (l’un des plus mauvais titres de McCartney), et l’on craint que les bambins ne doivent quémander quelques pièces jaunes au brave David Douillet. C’est sans compter sur quelques relectures plaisantes : The Like défouraille You Belong To Me de Costello tandis que Rufus Wainwright épure deux morceaux tirés du Smile (2004) de Brian Wilson, les transformant en ode victorienne (Wonderful/Song For Children).
Mieux encore, Bruce Springsteen tire son propre Atlantic City de Nebraska (1982) et le réarrange façon Born To Run (1975) avec l’aide du saxophoniste Clarence Clemens. Renseignement pris, il s’agit de The Hold Steady, livrant un ahurissant numéro de transformiste, à garder au chaud pour les blind-tests. Enfin, ce florilège contient quelques divines surprises. Ainsi, de Beck, décidément en grande forme : à l’origine posé sur un blues façon Sonny Terry & Brownie McGee, la chanson Leopard Skin Pill-Box Hat se voit transformée, méconnaissable et parfaite, à la grâce de guitares à la puissance toute “t.rexienne”. Lily Allen surprend et débarrasse Straight To Hell de sa moiteur tropicale à coups de déodorant bon marché – l’âpreté de Strummer étant éclipsée au profit du brin de voix aussi anecdotique que charmant de la demoiselle.
TV On The Radio livre une version savamment subsonique de Heroes, et Franz Ferdinand s’égosille vaillamment sur Call Me de Blondie (par ailleurs auteur d’un single intitulé… War Child). Le meilleur est pour la fin : Hot Chip revisite Joy Division et double Ian Curtis à la… corde dans une version multicolore et lumineuse de Transmission, qui tient autant de Kraftwerk que de LCD Soundsystem. Cette compilation, aussi inégale soit-elle, mérite l’achat sur la foi de cette seule reprise. Si vous ne le faites pas pour les enfants, faites-le au moins pour Hot Chip.