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En demi-sommeil au début de la décennie, la série des Dj-Kicks connaît un net regain d’activité et surtout d’énergie, chapotée par une nouvelle génération dont l’approche est moins conceptuelle, parfois plus instantanée et dérisoire, mais certainement plus efficace et avenante. Si le groupe londonien Hot Chip a clairement démontré qu’il est passé à la vitesse supérieure avec son album The Warning (2006), après quelques parutions plus inconsistantes et un peu vertes, il n’en assume pas moins sa résolution à ne pas trop se casser la tête au moment de jouer au pousse disques. Plus délicat qu’on ne le pense en raison d’une obligation à aligner pas moins d’une trentaine de morceaux en soixante-dix minutes (et les châtrer parfois de près de la moitié de leur durée), l’exercice réussit aux Britanniques grâce à un exotisme de pacotille joint à de la vieille drum’n’bass presque agréable à entendre dans un tel contexte. De plus, le voisinage du tropicalisme politico-euphorique des compilations Soul Jazz (Tom Zé est de la partie) à la scie de Joe Jackson, Steppin’Out (1982), passe comme une lettre à la poste à mesure que le timing se resserre. Sans jouer les érudits, les cinq membres de Hot Chip sont des curieux, déjà possesseurs d’une réédition de Black Devil Disco Club bien calée aux côtés de This Heat, Grauzone et d’un nouveau morceau de leur composition, My Piano, qui sonne comme du Ladytron au masculin. S’il laisse pour le moins de côté son inclination pop friendly, Hot Chip effectue un sans-faute, heureusement pas envers les diktats du bon goût, mais vis-à-vis de ce qui définit une œuvre gigogne et bon esprit, mitonnée aux bons soins du seul plaisir dodelinant.

Julien Welter
MAGIC RPM  #111


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