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Coming On Strong de Hot Chip

chronique d'album
Les nouveaux venus Hot Chip sont résolument anglais. Même si leur ambition est de supplanter Pharrell Williams dans le carnet d'adresses des idoles pop, ils n'y peuvent rien : leur quotidien est pour l'instant fait de fish and chips et de réfrigérateurs vides, d'histoires sans lendemain et de combines minables, en attendant mieux. Cette bande d'érudits fouineurs a quelque mal à  dégrossir les nombreuses influences qui parsèment ce premier effort et font se téléscoper les genres musicaux. À l'instar des voisins gallois de Super Furry Animals ou des défunts Beta Band, ils pervertissent la pop music en la confrontant aux autres musiques qui peuplent leurs rêveries et leurs discothèques. The Beach Party et son banjo mélancolique sont mis à  la porte de la fête par une chorale braillarde. Take Care sonne comme du Money Mark neurasthénique et Keep Fallin' débute de manière intimiste avant de virer à  la foire avec un solo de kazoo incongru. Le chanteur Alexis Taylor ourle ses chansons de textes cyniques et désabusés, qui contrastent avec sa voix habitée et presque gospel. Dans la droite lignée de The Streets et son r'n'b prolétaire, il conte ses diverses errances en voiture avec sa bande d'amis, comme sur le single Playboy où il avoue écouter à  fond Yo La Tengo au volant de sa Peugeot. Sur le magnifique Crap Kraft Dinner, il envisage sa solitude sur un beat emprunté au fameux Hot In Here de Nelly. Ce sinistre foutoir marque la rencontre inattendue de P.Diddy et d'Arab Strap.
Alexandre Cognard
MAGIC RPM  #86
article extrait de :
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