Le deuxième album des Français d'Holden, produit par le sémillant Señor Coconut, ressemble à une soirée parisienne. Mauvais digicode ou alcool traître, allez savoir, mais imaginez que Roudoudou (ou un autre type cool dans son genre), à la recherche de la dernière soirée où mixe le Grand Popo Football Club, se trompe d'étage et atterrisse à son corps défendant dans une soirée peuplée de normaliens précieux. Il trouve une bière à la cuisine et aperçoit, disons Mazarine Pingeot, adossée au balcon, qui lui plaît bien. Que va-t-il se passer? Vont-ils rentrer ensemble et faire l'amour comme des fauves ? Ou bien simplement se toiser sans jamais partager autre chose que l'espace domestique ? Qui va gagner ? L'adepte du groove rigolard ou la lettrée qui ne quitte jamais son serre-tête? L'une va-t-elle stimuler l'autre qui, en retour, la décoincera un peu ? Le match Holden vs Señor Coconut, avec la chanteuse Armelle Pioline dans le rôle de Mazarine et le producteur ondulant du bassin dans celui de Roudoudou, est fort de toutes ces promesses qui resteront malheureusement des... promesses. Chaque parti a beau courtiser l'autre par de multiples moyens (beats à la Stereolab pour l'un, ritournelles à la Françoise Hardy pour l'autre), les couleurs électroniques du Señor Coconut restent à l'état d'ornement, et les poses verbeuses d'Holden à celui de principe chichiteux. Manque de symbiose ? Peut-être bien. Françoiz Breut, à laquelle on pense parfois en écoutant la tentative qu'est Pedrolira, forme un vrai couple artistique avec Dominique A, elle au moins.