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Original Colors de High Places

chronique d'album
Si Constant Winter était l'un des meilleurs titres de High Places Vs. Mankind (2010), il s'avère également, à l'écoute du nouvel album du duo new-yorkais, qu'il était sacrément prophétique ! Non contents d'avoir opéré l'année dernière un virage vers un versant plus sombre de leur musique mystique, Mary Pearson et Rob Barber se sont désormais engoncés dans un son définitivement froid et martelant. Un hiver constant, en somme, tout en basses organiques et pilonnages ryhtmiques, qui vrillent les compositions comme un pouls métronomique et décérébré (Year Off, Dry Lake, Altos Lugares). On retrouve au détour de certains morceaux plus enlevés, les envolées mutines qui avaient fait la splendeur du groupe (The Pull ou Banskia), mais on les discerne minées d'une gravité qu'on n'associait généralement pas au tandem, avec toujours, ces batteries électroniques étonnement lourdes, qui ancrent impitoyablement le groupe (six pieds) sous terre.

high places - original colors (album preview)

Même la voix de Mary Pearson, capable d'être si joueuse (Twenty-Seven), apparaît parfois blanche et désincarnée (Dry Lake, Sophia). Certes, on peut tout de même applaudir la cohérence de la démarche, approfondissant quelques-unes des portes ouvertes par l'album précédent. On peut effectivement observer des filiations directes entre les morceaux : Altos Lugares, par exemple, pourrait tout à fait apparaître comme une réponse radicale au groove d'On Giving Up, single sans concession de High Places Vs. Mankind. La question est donc ouverte : s'agirait-il en fait d'une hibernation nécessaire ? Toujours est-il que, quand un groupe comme High Places commence à perdre de son feutre et de son espièglerie, on ne peut s'empêcher de craindre, avec un petit pincement au cœur, qu'il ne perde aussi son âme en route.
Victor Thimonier
MAGIC RPM  #157


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