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Entrevue - 19/10/10 de Hifiklub

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Un, deux, et trois sur cinq... Depuis quelques jours, nous dévoilons épisode après épisode Back To La Tomate, le nouveau projet musical, scénique et visuel des intenables Hifiklub. Après avoir présenté les grandes lignes de ce que l'on peut considérer comme le premier live des Français, ou le cinquième EP, il est temps de rentrer dans le vif du sujet, de connaître dans ses moindres détails la façon de faire et d'imaginer, depuis l'implication d'Arnaud Maguet jusqu'à l'intervention de l'illustre Lee Ranaldo, en passant par la diffusion en cassette. Rencontre avec le leader au cerveau ardent Régis Laugier. [Entrevue Jean-François Le Puil].


Qu’est-ce que La Tomate ? Et pourquoi vous y retournez ?
Régis Laugier : La Tomate, c’est avant tout un haut lieu de la vie nocturne varoise des années 60/70. Au beau milieu d’une cité, cette boîte de nuit s’inscrivait à l’époque dans un complexe étonnant composé d’un drugstore, d’un cinéma et d’une piscine d’extérieur, dont des hublots situés au fond de son bassin offraient les seules sources de lumière naturelle au dancing. Mon père m’a raconté qu’il prenait son drink en observant les autres clients nager, et inversement. Des spectacles s’y tenaient également : un vieux rocker m’a même relaté le concert particulièrement mal reçu de Nico, visiblement dégagée de la scène à coup de… tomates ? Non je ne sais pas, mais le concert a particulièrement été houleux pour elle semble-t-il. Nous y sommes de retour car cet endroit est maintenant très lié à notre histoire. C’est dans ce lieu aujourd’hui inoccupé que nous avons construit le projet, y composant et enregistrant nos deux albums. C’est à la Tomate que nous avons aussi organisé nos premières collaborations, avec notre ami The Legendary Tiger Man, le saxophoniste américain Skerik ou encore Lio. C’est encore là-bas que nous avons fait nos premières photographies avec Olivier Amsellem ou tourné notre dernière vidéo avec Benoît Menard.

Comment est née l’idée de la session ? À quel moment Arnaud Maguet est-il entré dans le jeu ?
Jean-Marc Montera et Lee Ranaldo ont participé à notre dernier album, à des niveaux différents. Comme nous le faisons régulièrement dès que nous en avons la possibilité, nous reconduisons sur scène des rencontres qui ont pu se faire dans un premier temps à l’occasion de sessions d’enregistrement. Partant de là, à tout dire, l’idée de proposer à Jean-Marc et à Lee de s’associer à nous dans le cadre de ce projet live est apparue comme une évidence, la veille d’un concert de musiques improvisées organisé au GRIM/ Montevideo à Marseille. Jean-Marc et Lee y jouaient en duo et nous nous étions imaginés interpréter – tout en filmant  – un titre ensemble, pour le fun, après leurs balances. Nous nous sommes rapidement aperçus que nous n’avions pas le temps de faire la chose et avons reporté le projet à l’été, puisque nous savions que Lee devait revenir dans le sud pour jouer au MIDI festival. Concernant Arnaud Maguet, là aussi, la proposition nous a semblé naturelle. Lorsque l’idée du projet Back To La Tomate a germé dans nos esprits, nous étions déjà en train de travailler avec Arnaud sur l’exposition Docteur Lo-Fi & The Remix… et nous savions qu’il serait la bonne personne, suffisamment talentueuse et réactive pour développer l’idée initiale avec nous.



De ton point de vue, quels sont les ressorts de la mise en scène ? Quelles impressions souhaitiez-vous transmettre ?
Le film se situe dans le prolongement de la vidéo d’Arnaud Maguet sur un remix qu’Andrew WK a fait d’un de nos morceaux (Devil Knows) et que nous avions présentée dans le cadre de notre exposition commune. Il s’agit à la base de placer dans une même pièce plusieurs caméras, en plan fixe et sans aucun effet de zoom. Arnaud a utilisé sept caméras plus un appareil photo tenu à la main, après avoir effectué un travail de cadrage minutieux dans La Tomate pour qu’il n’apparaisse pas à l’écran. En revoyant les images, j’ai le sentiment qu’il a vraiment réussi à faire ressortir le côté très underground du lieu, son côté presque new-yorkais je trouve.

Avez-vous tout enregistré d’une traite ? Les sensations ressenties là-dedans étaient-elles si différentes d’une salle de répet’ ou de concert classique ?
La puissance intrinsèque du lieu fait que les choses ne peuvent que se passer « différemment » là-bas. Sans virer mystique, les sensations sont toutes autres dans La Tomate. Un truc étrange et assez indescriptible s’y passe, peut-être parce que le lieu n’est plus utilisé depuis plusieurs décennies maintenant. Nous avons fait un petit warm up puis avons enregistré tout de go en faisant deux prises pour chaque morceau. Il n’était pas simple simple de jouer si éloignés les uns des autres, en ne se partageant que deux retours pour cinq musiciens. L’énorme écho dans la salle était également un facteur délicat à appréhender.

Comment se sont boutiquées les deux collaborations avec Jean-Marc Montera et Lee Ranaldo ? L’improvisation tenait-elle une grande part dans leurs interventions ?
Comme je le disais, Jean-Marc et Lee connaissaient les morceaux. Cependant nous avons volontairement bousculé – sans le leur dire – les structures des morceaux avant la session, afin de les surprendre. Black Master Will apparaît même musicalement sous une mélodie complètement différente de la version originale. Jean-Marc Montera aime improviser. Nous n’avons répété Black Master Will et What If qu’une ou deux fois avant d’appuyer sur Rec. Lee Ranaldo est arrivé avec une certaine idée de ce qu’il souhaitait proposer sur Lonesome Machine Gun. Ses parties sur Data sont en revanche plus improvisées. Concernant le dernier morceau, Hey Oh, il s’agit d’une version allongée qui s’étend sur quelques 10 minutes. Nous l’avons improvisée tous ensemble. Il s’agit d’un pur one shot car nous n’avions plus assez de bande pour tenter une seconde prise.

Comment ont réagi nos amis japonais en voyant l’œuvre lors de l'exposition présentée là-bas ?
Arnaud Maguet : Ils ont semblé, au premier abord, en avoir apprécié la surface, mais comment réellement savoir ? Au Japon, il est très malpoli de critiquer ou de débattre d’un travail. La discussion qui a suivi la projection était toutefois très intéressante, grâce à Yoshiko, notre fantastique traductrice, de nombreuses notions semblant totalement étrangères à la culture artistique japonaise ont été évoquées : que des artistes célèbres viennent jouer gratuitement la musique d’un jeune groupe, qu’une friche soit mise gratuitement à la disposition de jeunes créateurs, que le film soit autant le prétexte pour créer une situation que le portrait d’une architecture abandonnée…

La cassette doit paraître quand et sera disponible où ?
Le live sortira en novembre sous une forme qui a largement marquée notre parcours musical individuel, la cassette. Il s’agira d’une édition limitée et numérotée de 100 exemplaires que nous vendrons directement depuis notre site, dans quelques galeries et lors de nos concerts.

À force de multiplier les actions « hors cadre », n’avez-vous pas peur d’être catalogués comme des francs-tireurs devant l’éternel ?
J’aime bien doubler par la droite quand les voitures restent tanquées sur la file du milieu.
Jean-François Le Puil


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isa - 20/10/2010 17:17
super j'adore .l'endroit est magique ,et la musique magnifique.