L'histoire de la sortie du premier Lp du trio hexagonal Hifiklub relève
quasiment du conte de fées (électriques). Flash-back. 2006 : après avoir
enregistré une dizaine de titres dans une boîte désaffectée du Var, Laugier
(basse, chant) et Benito (batterie, chant), déjà endettés jusqu'au trognon, se
disent alors : “Fauchés pour
fauchés, filons donc à New York voir s'il n'y aurait pas moyen de se connecter
au réseau artistique à haute tension qui règne là-bas”. Dans leurs petits
souliers de frenchies, ils démarchent
Earl Slick, producteur, guitariste et collaborateur de David Bowie, Ian Hunter,
John Lennon, etc. Conquis par leur culot et leur énergie, Slick ressentira très
vite le besoin irrépressible d'ajouter son grain de sel, en alignant quelques
riffs de guitares vitaminés dont il détient le secret conviera à la fête une
poignée d'autres instrumentistes de sa trempe. Déboulant dans votre salon à
cent kilomètres/heure et en vingt-cinq minutes chrono, French Accent s'impose le temps de dire “wham bam, thank you mam”. S'y retrouvent sans vergogne un tas
d'influences revendiquées : The Fall et les Buzzcocks (First Class Fake Cowboy, Action/Reaction), James White (les
cuivres étranglés de l'excellent Robert Aaron sur H.M. et Shower Of Gold),
ainsi que le mordant sonique de The Stooges en 1970 (Soho Nightspot, Ticket).
D'ailleurs, les paroles du succulent Records
Made From Records sont on ne peut plus explicites : “Nous avons fait un disque à partir d'albums que nous avons pillés/Je
vole de la musique, pourquoi ne volerais-tu pas la mienne ?” Écrit avec la
concision d'une pop qui déteste lambiner, ce vif recueil de rock aux puissants
arômes de Grosse Pomme se pose d'ores et déjà comme l'une des sensations de l'année.