A ceux qui le surnomment Hervé Zerro - et qui n'avaient pas tort sur la foi de son premier album solo -, on leur conseillera de jeter une oreille attentive, et même deux si possible, sur Des Hommes Comme Nous. Où l'on s'aperçoit que l'ancien chanteur des Désaxés ne mérite pas le pilori. Même si, en l'occurrence, Hervé Zerrouk multiplie les maladresses que d'aucuns ne manqueront pas de qualifier de "rédhibitoires". Pourtant, en dépit d'afféteries souvent malvenues (maniérisme par-ci, grandiloquence par-là), Zerrouk se montre parfaitement à son aise dans l'exercice pop anglophile aux accents francophones. Ainsi, le charme suranné de Virginie Et Sa Soeur, l'évidence mélodique d'Anita Emmène-Moi ou la délicatesse cuivrée de Qu'est-Ce Qui Se Passe En France. Où, sur "un air de décadence", Hervé Zerrouk dresse un état des lieux de l'Hexagone. Et s'il semble regretter "un trop-plein de défiance qui va laisser des traces", on ne peut s'empêcher de penser le contraire. Car à l'heure où les manchots (Mendelson, Tanger et consorts, pour s'en tenir au seul cadre musical) bénéficient d'une extrême bienveillance, Hervé Zerrouk sera certainement l'objet d'une extrèmité malveillante.