New York serait-elle en passe de raviver son lustre d’antan, avant que le SIDA n’emporte toute l’insouciance des années disco ? Presque trois décennies après, un bel album de pop gay ravive l’esprit de la Mecque du clubbing. Dj depuis l’adolescence, Andy Butler est autant fasciné par la dance music que passionné de mythologie gréco-romaine. Son projet Hercules And Love Affair synthétise cette hédoniste érudition avec l’esprit libertaire de Larry Levan ou Larry Heard. Produit par Tim Goldsworthy, la moitié discrète de DFA, son premier Lp reflète l’imaginaire d’un enfant de Miss Piggy, du LSD ou du féminisme. Comme dans toute tragédie antique, Butler a su choisir ses héros, au premier rang desquels Anthony Hegarty, dont le souffle ambigu habite cet album épique. Outre cette omniprésente icône, Kim-Ann Foxman, une créatrice branchée de bijoux de luxe, ou encore Nomi, membre de la bande de CocoRosie, complètent le casting de haute volée de ce péplum décadent. Le troublant Free Will ou le remuant You Belong ouvrent en fanfare Hercules And Love Affair, mais l’ambiance retombe quelque peu après le single Blind, classique de mélancolie dansante et intemporelle. Si feux Mel Cheren, le fondateur du Paradise Garage, et Arthur Russell s’ennuient dans les cieux, on conseille aux anges du disco de leur diffuser les rythmes soyeux d’Hercules And Love Affair. Un précieux nectar musical qui parvient à évoquer la beauté des Dieux et des hérauts défunts, sous la boule à facettes.