Fraîchement installé dans la foisonnante ville
d’Austin, le trio garagiste Harlem est de retour avec un deuxième album signé
chez Matador. En seize titres aussi percutants qu'un coup de rein d'adolescent,
Hippies envoie valser The Sonics chez
The Beach Boys, dans un entrain fougueux totalement maîtrisé. Entre rejetons
underground et aspirants mainstream, ces zoulous de la mélodie parfaite tentent
de tracer leur propre route, sinueuse mais si bien goudronnée. Plongée dans
l’esprit vif et délirant du leader jovial Michael Coomers. [Interview Sébastien Jenvrin].
FEMALE FANTASY
Ce nom de label ne signifie en aucun cas que nous nous considérons comme un fantasme pour les femmes. Ce n’est pas du tout un truc de mecs, mais plutôt une allusion à la manière dont les nanas imaginent certaines choses concernant leur petit copain. L'idée m'est venue après une discussion que j’ai eue avec ma copine. On parlait de ces clichés ridicules imaginant Brad Pitt faisant la vaisselle en sous-vêtements, ou bien un homme en train de changer le carburateur d’une bagnole en débardeur, avec les mains pleines de cambouis. J’ai trouvé ça fendard. Ce label nous a surtout permis de sortir nos chansons, et de soutenir les projets de nos amis. Évidemment, le fait de signer sur Matador pour notre deuxième album indique un sacré changement. Free Drugs (2009) n’avait coûté que quatre cents dollars tandis que pour celui-ci, à peu près vingt mille dollars ont été dépensés. À l’époque de notre premier disque, on n’avait aucune intention particulière. Disons même qu’on ne savait pas trop où on allait. Au-delà de l'aspect pratique, cette signature symbolise aussi quelque chose. Dans mon esprit, ce label a toujours été associé à une immense entreprise de qualité. Lorsque j'étais môme, je me disais : “Waouah, cool, le nouveau groupe signé Matador”. (Rires.) De plus, nous entretenons de bonnes relations avec eux. Ce sont des personnes vraiment chouettes. On s’entend aussi bien sur le plan humain que professionnel.
REPRISES
Chaque mois, on enregistrait une reprise qu’on offrait sur le Net. L’idée, c’était de lutter contre l’ennui du train-train. On avait sorti Free Drugs et, comme on n’avait pas un rond, on ne pouvait pas enchaîner avec un autre album aussi sec. Pourtant, on avait toujours envie d’enregistrer. Le but était simplement de continuer d’enregistrer pour ne pas perdre la main. Jamais, nous n’avons fait de reprises en concert, et nous n’avons aucune intention de le faire. Quand on y réfléchit bien, c’est dingue à quel point le business de la musique tourne à cent à l’heure : tu dois enregistrer en trois mois, puis prendre trois autre mois pour mixer l’album. Résultat : au bout de six mois, le disque est prêt à sortir. Aujourd’hui, nous sommes trop occupés pour avoir le temps de publier des covers, mais ça nous a éclatés de faire des reprises des Dixie Cups ou de Royal Trux. C’était vraiment fun.
NIRVANA
Même si j'adore ce groupe, je crois que ça nous suivra pendant longtemps d'avoir dit que c'était notre principale influence ! (Rires.) C’est bien plus qu’un groupe à mes yeux, c’est comme un monde à part entière. C’est tout un symbole pour la culture indie. C’est vraiment leur manière de fonctionner qui m’a marqué. J’ai dit un jour, lors d'une interview, que ma chanson préférée de Nirvana, c’était School. En réalité, ça change tout le temps. Du coup, j'ai l'impression qu'on voudrait que je sois comme une sorte de juge qui déciderait quel est le meilleur album de Nirvana ou celui qui est le plus représentatif. Ça m’est arrivé de comparer Harlem à Nirvana, mais tout ça m’ennuie un peu aujourd’hui. C'était surtout pour déconner que j'avais dit ça, et pour faire allusion à tous les clichés qu'on nous accolait sans cesse. La seule comparaison qui vaille, c’est la manière dont nous nous sommes influencés d’un tas de groupes punk, garage et fuzz, pour ensuite les intégrer dans un schéma pop. C’est la seule chose qui nous relie.
SXSW
Ce n'est ni SXSW (ndlr. le festival South By Southwest), ni l'effervescence musicale de cette ville, qui nous ont fait emménager à Austin. C’est tout simplement parce qu’on n’avait pas beaucoup d’argent et qu'un ami nous a proposé d’habiter dans sa grande maison. Elle était suffisamment spacieuse pour qu'on puisse s’installer avec nos instruments. Auparavant, on vivait à Tucson et on venait d’enregistrer notre premier album. À propos de SXSW, disons que 90% du business de la musique actuelle se passe là-bas. Mais pour nous, c’est surtout l’occasion de voir jouer un paquet de groupes excitants, dont ceux avec lesquels nous sommes amis. C’est un peu comme le cirque qui débarque en ville. (Rires.) Ce qui ne nous empêche pas de nous amuser autant à chaque fois. Cette année était un peu spéciale. Au bout d'un moment, la fête a légèrement mal tourné. Un ami, qui bosse chez Matador, louait une chambre d’hôtel. Quelqu’un d’autre avait la clé. Il avait faim. Donc on a en a profité pour commander à manger et aussi du champagne. C’est devenu complètement fou. Enfin, jusqu'à ce que notre ami reçoive la note du room service qui s'élevait à sept cents dollars, il s’est vraiment fâché. Mais ça a fini par s’arranger.
FEMALE FANTASY
Ce nom de label ne signifie en aucun cas que nous nous considérons comme un fantasme pour les femmes. Ce n’est pas du tout un truc de mecs, mais plutôt une allusion à la manière dont les nanas imaginent certaines choses concernant leur petit copain. L'idée m'est venue après une discussion que j’ai eue avec ma copine. On parlait de ces clichés ridicules imaginant Brad Pitt faisant la vaisselle en sous-vêtements, ou bien un homme en train de changer le carburateur d’une bagnole en débardeur, avec les mains pleines de cambouis. J’ai trouvé ça fendard. Ce label nous a surtout permis de sortir nos chansons, et de soutenir les projets de nos amis. Évidemment, le fait de signer sur Matador pour notre deuxième album indique un sacré changement. Free Drugs (2009) n’avait coûté que quatre cents dollars tandis que pour celui-ci, à peu près vingt mille dollars ont été dépensés. À l’époque de notre premier disque, on n’avait aucune intention particulière. Disons même qu’on ne savait pas trop où on allait. Au-delà de l'aspect pratique, cette signature symbolise aussi quelque chose. Dans mon esprit, ce label a toujours été associé à une immense entreprise de qualité. Lorsque j'étais môme, je me disais : “Waouah, cool, le nouveau groupe signé Matador”. (Rires.) De plus, nous entretenons de bonnes relations avec eux. Ce sont des personnes vraiment chouettes. On s’entend aussi bien sur le plan humain que professionnel.
REPRISES
Chaque mois, on enregistrait une reprise qu’on offrait sur le Net. L’idée, c’était de lutter contre l’ennui du train-train. On avait sorti Free Drugs et, comme on n’avait pas un rond, on ne pouvait pas enchaîner avec un autre album aussi sec. Pourtant, on avait toujours envie d’enregistrer. Le but était simplement de continuer d’enregistrer pour ne pas perdre la main. Jamais, nous n’avons fait de reprises en concert, et nous n’avons aucune intention de le faire. Quand on y réfléchit bien, c’est dingue à quel point le business de la musique tourne à cent à l’heure : tu dois enregistrer en trois mois, puis prendre trois autre mois pour mixer l’album. Résultat : au bout de six mois, le disque est prêt à sortir. Aujourd’hui, nous sommes trop occupés pour avoir le temps de publier des covers, mais ça nous a éclatés de faire des reprises des Dixie Cups ou de Royal Trux. C’était vraiment fun.
NIRVANA
Même si j'adore ce groupe, je crois que ça nous suivra pendant longtemps d'avoir dit que c'était notre principale influence ! (Rires.) C’est bien plus qu’un groupe à mes yeux, c’est comme un monde à part entière. C’est tout un symbole pour la culture indie. C’est vraiment leur manière de fonctionner qui m’a marqué. J’ai dit un jour, lors d'une interview, que ma chanson préférée de Nirvana, c’était School. En réalité, ça change tout le temps. Du coup, j'ai l'impression qu'on voudrait que je sois comme une sorte de juge qui déciderait quel est le meilleur album de Nirvana ou celui qui est le plus représentatif. Ça m’est arrivé de comparer Harlem à Nirvana, mais tout ça m’ennuie un peu aujourd’hui. C'était surtout pour déconner que j'avais dit ça, et pour faire allusion à tous les clichés qu'on nous accolait sans cesse. La seule comparaison qui vaille, c’est la manière dont nous nous sommes influencés d’un tas de groupes punk, garage et fuzz, pour ensuite les intégrer dans un schéma pop. C’est la seule chose qui nous relie.
SXSW
Ce n'est ni SXSW (ndlr. le festival South By Southwest), ni l'effervescence musicale de cette ville, qui nous ont fait emménager à Austin. C’est tout simplement parce qu’on n’avait pas beaucoup d’argent et qu'un ami nous a proposé d’habiter dans sa grande maison. Elle était suffisamment spacieuse pour qu'on puisse s’installer avec nos instruments. Auparavant, on vivait à Tucson et on venait d’enregistrer notre premier album. À propos de SXSW, disons que 90% du business de la musique actuelle se passe là-bas. Mais pour nous, c’est surtout l’occasion de voir jouer un paquet de groupes excitants, dont ceux avec lesquels nous sommes amis. C’est un peu comme le cirque qui débarque en ville. (Rires.) Ce qui ne nous empêche pas de nous amuser autant à chaque fois. Cette année était un peu spéciale. Au bout d'un moment, la fête a légèrement mal tourné. Un ami, qui bosse chez Matador, louait une chambre d’hôtel. Quelqu’un d’autre avait la clé. Il avait faim. Donc on a en a profité pour commander à manger et aussi du champagne. C’est devenu complètement fou. Enfin, jusqu'à ce que notre ami reçoive la note du room service qui s'élevait à sept cents dollars, il s’est vraiment fâché. Mais ça a fini par s’arranger.