Marrant comme parfois,
la spontanéité laisse coi. On aurait pu laisser coupablement de côté la naïveté
frondeuse d’Harlem. Déjà vu, déjà entendu… Arguments foireux. On y est revenu
plus d’une fois. Pour mieux rester pantois et hurler depuis les louanges d’un
album aussi monochromique que parfait : seize titres et autant de tubes
imaginés par un trio de pécores venus de Tucson, Arizona, et relocalisés à
Austin, Texas. Garage souillé par un magnéto forcément lo-fi, son approximatif,
chœurs enjoués et sursaturés, mise en place déglinguée et chansons snobant la
perfection avec une classe de vauriens. Le tout joué sur un matériel
certainement volé : un kit de batterie réduit au minimum, des guitares
jangly en verre pilé, une basse ronde comme une queue de pelle et un micro
passé de main en main, des Sonics à King Khan, des Black Lips aux Crusaders Of
Love. Difficile d’extraire un titre rougeoyant sans rendre vert de jalousie
tous les autres, mais le roboratif Gay Human Bones, le galopant Pissed,
la douce amertume de Cloud Pleaser l’hystérie scintillante de Scare
You ou Three Legged Dog (et sa guitare à la Duane Eddy) forcent
l’admiration.
Ici, nulle précipitation rythmique : on sait prendre son temps, mettre en place une chanson pour mieux l’achever et en découdre avec la suivante. Enfin, Harlem trimballe une réputation de têtes brûlées cramant les planches, musiciens affûtés mais pas très futés. Une légende que la bande entretient avec plaisir, simulant le P4 en citant trois seules et uniques influences, Nevermind (1991), la scie Smells Like Teen Spirit et Nirvana. Une façon de couper l’herbe sous le pied des critiques. Pourtant, au vu des reprises balancées sur la toile par le trio, sa culture s’étend bien au-delà de Seattle : Flamin’Groovies, 10cc, Royal Trux… Mais aussi la techno aquatique de Drexciya éclaboussée d’un peu d’huile. Pas banal et preuve définitive que nos trois vrais-faux crétins ont de grandes oreilles, l’esprit large et, on l’espère, d’autres disques aussi jouissifs à venir.
Ici, nulle précipitation rythmique : on sait prendre son temps, mettre en place une chanson pour mieux l’achever et en découdre avec la suivante. Enfin, Harlem trimballe une réputation de têtes brûlées cramant les planches, musiciens affûtés mais pas très futés. Une légende que la bande entretient avec plaisir, simulant le P4 en citant trois seules et uniques influences, Nevermind (1991), la scie Smells Like Teen Spirit et Nirvana. Une façon de couper l’herbe sous le pied des critiques. Pourtant, au vu des reprises balancées sur la toile par le trio, sa culture s’étend bien au-delà de Seattle : Flamin’Groovies, 10cc, Royal Trux… Mais aussi la techno aquatique de Drexciya éclaboussée d’un peu d’huile. Pas banal et preuve définitive que nos trois vrais-faux crétins ont de grandes oreilles, l’esprit large et, on l’espère, d’autres disques aussi jouissifs à venir.