A Lire

Songs From The Electric Sky

archive mag septembre 2006
Soyez le premier à réagir

En termes de campagne et de folk, l'Ardèche vaut bien le Kentucky, comme il y a fort à parier que le blues se distille aussi sincèrement en Creuse qu'au Mississippi. Plantée au milieu de rien, au coeur des forêts verdoyantes de la vallée du Rhône, la maison familiale où le père de Renaud Brustlein apprit au futur H-Burns ses premiers accords résonne encore de ceux de l'inusable John Wesley Harding de Bob Dylan. Destin tout tracé pour le jeune leader de Don't Look Back (on n'en sort pas), qui n'eut dès lors de cesse de prolonger l'héritage paternel. Héritage auquel vient s'ajouter une rencontre décisive avec l'important Jason Molina en forme d'adoubement indie folk absolu. Un Neuman planté devant sa guitare acoustique plus loin, il n'aura pas fallu à ce jeune prodige plus de deux jours dans son salon pour coucher sur bande ce très beau Songs From The Electric Sky en forme de clin d'oeil au Songs From A Room de Leonard Cohen et dédié à Johnny Cash. Un sans-faute, auquel il ne manque finalement que la patte de l'intouchable producteur Bob Johnston (Dylan, Cash, Cohen) pour tutoyer les meilleurs. Fort d'une écriture à la maturité saisissante (Bukowski et Fante l'accompagnent au quotidien) dans un genre qui ne supporte pas la médiocrité, H-Burns sort vainqueur du grand dépouillement auquel il s'est astreint, se rapprochant au passage du deuxième album de Palace Brothers, Days In The Wake. Et pas bien loin non plus du Nebraska de Springsteen, de Neil Young aussi. Sous des cieux électriques, une chrysalide vient d'opérer sa métamorphose. Remarquable envol.

Renaud Paulik

magazine num 103 article extrait de :
MAGIC RPM #103


Commentaires


Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire :



Mot de passe oublié ? - S'inscrire