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Walk The River de Guillemots

chronique d'album
Déjà mis en examen pour abus de biens orchestraux et tentative de détournement des charts, les Guillemots récidivent avec un troisième album qui les éloigne encore un peu plus de la pop psychédélique funambule des débuts. L’an passé, leur meneur barbu Fyfe Dangerfield avait déjà jeté un gros caillou dans le jardin de Coldplay, à la faveur de Fly Yellow Moon (2010) enregistré en solitaire, généreuse collection de chansons lyriques qui titillaient parfois pépère McCartney sur le terrain d’une mièvrerie de bon aloi. Le quatuor cosmopolite entend aujourd’hui porter un coup fatal à la concurrence et se lâche totalement au rayon des refrains à reprendre en chœur et des envolées romantiques. La traversé de cette rivière tiède dure plus d’une heure et s’avère vite épuisante, malgré un talent de mélodiste évident et un soin constant porté à des arrangements qui sortent de l’ordinaire.



L’affaire s’engage même rudement bien, avec une Walk The River doucement éclairée par des claviers, des percussions et une guitare épique comme il faut, au long d’un crescendo attendu mais efficace. Dans ce sillage écumant, Vermillion démarre merveilleusement avant dilution de ses couleurs dans un final emphatique. La suite décline l’ensemble des sentiments qui remuent les foules adolescentes, à coup de refrains bon marché noyés dans la réverbération et de superpositions de couches sonores plus ou moins digestes. Mais souvent moins. Ice Room ou I Don’t Feel Amazing Now poussent ainsi un peu loin le bouchon de l’emphase. Slow Train (Don’t Slow Me Down) s’en sort mieux, à coup de synthés martiaux. On peut heureusement toujours compter sur Guillemots pour trousser des morceaux plus étranges et originaux, comme cet alangui Inside, qui flotte sur des arpèges de guitare ouatés et des percussions droguées à l’éther. Un moment de répit dans un flot de romantisme lyrique qui finit par être un peu répugnant.

Guillemots - Dancing In The Devil's Shoes

Vincent Théval
MAGIC RPM  #152


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