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Action Ou Vérité de Guillaume Fédou

chronique d'album
Avant même de poser le premier album de Guillaume Fédou sur la platine, la pochette de Action Ou Vérité dessine littéralement le petit monde de son auteur. Paire de Converse, chemise fleurie, pass autour du cou, vieux synthétiseur Yamaha PSS-570. Et à son chevet, Werther et The Manual. Goethe (via Jules Massenet) et The KLF. Romantisme et post-situationnisme. Idéalisme et imposture, surtout. Deux poses que le Garçon moderne – le tube qui l’a révélé en 2003 – alterne avec brio, ménageant les fausses pistes. Et ce, dès l’ouverture : l’anthologique coup de gueule du chien fou Balavoine face au vieux renard Mitterrand introduit un rappel de Téléphone : Un Autre Monde est méconnaissable. Mieux : enfin écoutable, à la grâce d’une rythmique en solde et d’un synthé guère plus cher chipé à Jacno ou Dondolo. Fédou se planque à l’ombre des totems 80’s, pastiche l’écriture d’Étienne Daho (“Aux flammes de la vie, j’ai préféré l’enfer…”), ou la soif d’absolu gangrénée par le cynisme du Paris de Taxi Girl (On S’en Fout). Le Cri De La Liberté, traversé de “TGV encore orange” et de salutations discrètes au Bérurier Noir, déroute, dirige vers un album générationnel – on le sait complice d’Arnaud Fleurent-Didier, qui a produit quelques-unes de ses chansonpoches.

Moins bourdieusien, Guillaume Fédou se pose en Garçon Moderne dépressif et goguenard, débitant les bons mots dans quelque débit de boisson. Des fausses pistes, on vous dit : si le Bordelais se peint en Rastignac ayant Rendez-Vous À Paris avant d’aligner les clichés sur le comptoir d’un Open Bar tout en fonky pop acidulée, c’est pour mieux s’ouvrir. Le timbre monotone de crooner fatigué devient tendre : la bossa-nova désossée Je Cherche La Bagarre est flanquée de son texte le plus poignant, où la guitare fait écho à un chant sur le fil. Bravache, la litanie bashungienne Il N’y A Que Toi donne le change, Mon Ange se dissimule derrière des citations cinématographiques, mais la vérité finit par éclater : Après L’Amour, l’homme se livre (presque) totalement, en animal triste. Et conclut par un titre caché à la tristesse désabusée, récit en talk over d’un retour chez lui, d’une défaite dans les cordes. Conteur d’histoires, Fédou nous raconte la sienne, entre autodérision et autoflagellation, cynisme et romantisme – tout à la fois idéaliste et blasé, à la fois Bartleby et Bel-Ami pop. La morale, s’il y en a une, est que Guillaume Fédou est de ceux avec lesquels il va falloir compter. Qu’il le veuille ou non.

> Écoutez Action Ou Vérité en intégralité.
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #146


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dhl - 04/03/2012 18:02
Zkl c'est un mélange de Zyklon et de BHL?
H. - 15/10/2010 17:43
Quel implacable argumentaire pointu et détaillé, cher ZKL! Vous êtes le phare qui éclaire notre obscurité musicale. Mille mercis.
zkl - 14/10/2010 14:44
Une belle merde! C'est horrible! et en live, c'est pire, je l'ai vu hier soir.