C'est à chaque fois pareil, quand des années plus tard, il
est à la mode de se réapproprier un genre musical, comme dernièrement le
post-punk, no-wave de la toute fin des années 70, cela donne, au mieux, du matériel
à danser potable (LCD Soundsystem, Radio 4, The Rapture), au pire, des copieurs
fadasses sans aucune personnalité (Tussle, Out Hud, Black Dice). Au bout d'un
moment, on a envie de hurler, “par pitié,
n'y pensez plus les gars, vous allez
encore vous ridiculiser et finir par être aussi funky et habités que Sinclair”.
Faisant flotter haut et fort le drapeau blanc capitonné de l'asile d'aliénés
sur Gebirge, le multi-instrumentiste
allemand Guido Möbius vient avec son décapant troisième album faire très habilement
exception à la règle.
Si les influences se référant à l'époque précitée sont flagrantes et assumées, disons alors qu'il a su, lui, les digérer et les intégrer au vocabulaire electro(nique) d'aujourd'hui. Au programme, donc, le Berlinois nous donne une jubilatoire et frappadingue leçon de post funk cabossé selon Aphex Twin et Throbbing Gristle, où le blues (Being Nice), Yello (l'étonnant Ssssplitter), les tambours du Burundi (Gosse Overman) et l'intro de Shaft (1972) sont aussi de la fête. Ajoutez-y au “chant” les borborygmes, éructations et langues extraterrestres (on pense parfois à Ted Milton de Blurt) du bien surnommé Go:Gol, des cuivres neurasthéniques qui tanguent, trébuchent et divaguent comme Blood Sweat & Tears sous neuroleptique, et l'équipe du pavillon B est au complet pour sa “séance”. Ceux qui récemment ont apprécié les albums des Skeletons et d'Orka vont se délecter à l’envi. Les autres, passez votre chemin, ce disque est bien trop fou pour vous.
Si les influences se référant à l'époque précitée sont flagrantes et assumées, disons alors qu'il a su, lui, les digérer et les intégrer au vocabulaire electro(nique) d'aujourd'hui. Au programme, donc, le Berlinois nous donne une jubilatoire et frappadingue leçon de post funk cabossé selon Aphex Twin et Throbbing Gristle, où le blues (Being Nice), Yello (l'étonnant Ssssplitter), les tambours du Burundi (Gosse Overman) et l'intro de Shaft (1972) sont aussi de la fête. Ajoutez-y au “chant” les borborygmes, éructations et langues extraterrestres (on pense parfois à Ted Milton de Blurt) du bien surnommé Go:Gol, des cuivres neurasthéniques qui tanguent, trébuchent et divaguent comme Blood Sweat & Tears sous neuroleptique, et l'équipe du pavillon B est au complet pour sa “séance”. Ceux qui récemment ont apprécié les albums des Skeletons et d'Orka vont se délecter à l’envi. Les autres, passez votre chemin, ce disque est bien trop fou pour vous.