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Comme autant de variations sur un même thème, les albums de Guided By Voices ont tous un point commun. Bancals, magnifiques ou bâclés, ils n'en demeurent pas moins une référence incontournable en matière de rock speedé et émouvant, à l'instar des Pixies et de Sebadoh. Si l'on est resté fidèle depuis dix ans à ce groupe fauché et underground, c'est parce qu'on a toujours pu, les yeux fermés, se laisser guider par la voix rocailleuse et lumineuse de Robert Pollard, chanteur-compositeur allumé et imbibé, presque surproductif. Avec un peu de recul, les années 90 apparaissent comme une période bénie : des prémisses lo-fi de Vampire On Titus aux excellents Bee Thousand et Alien Lanes, GBV s'est imposé définitivement avec l'impressionnant Under The Bushes, Under The Stars, véritable coup de génie, où pour la première fois le groupe jouait en rang serré, transformant son style approximatif en une sorte d'évidence mélodique. La suite est moins brillante. Des excursions en solo facilement oubliables jusqu'au départ du second chanteur et guitariste Tobin Sprout, on s'était peu à peu détourné de ce rock aux rythmiques carrées et aux breaks omniprésents, plus enclin à la puissance qu'à l'élégance. Renouant avec la mélancolie électrique du passé, les compositions de Earthquake Glue portent en elles une nostalgie et une fraîcheur inattendues. Malgré quelques titres faiblards, Mix Up the Satellite, Useless Inventions et Secret Star déploient une énergie et une classe incroyables, jusqu'à nous donner l'irrésistible envie de faire du stage diving sur le canapé du salon. Et tout l'art de GBV réside dans ce désir incessant de faire de la musique et de la transmettre, quels que soient les moyens, quelle que soit l'inspiration, pourvu qu'on ait l'ivresse.
Thomas Bartel
MAGIC RPM  #73
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