Biographie
Voici donc venir les nouvelles coqueluches du Landerneau
indie. Une stature de meneurs de troupe qui trouve sa genèse il y a six ans,
au moment où Ed Droste fourbles/a-lire/chroniques/in-ear-parkit en solitaire un premier
album de folk déviant à l’enchantement amniotique. Sorti en 2004, Horn Of
Plenty se laisse plaisamment grisé par un air du temps qu’Animal Collective et
quelques autres respirent alors à pleins poumons, et se voit même totalement
remanié un an plus tard par Final Fantasy, Ariel Pink ou Dntel sur Horn Of Plenty (The
Remixes). Mais tout cela n’est qu’une mise en bouche. Fort d’un recrutement
hors pair qui voit Chris Taylor (basse, instruments à vent, électronique),
Christopher Bear (batterie) et surtout le deuxième compositeur en chef Daniel
Rossen (alors partie prenante des fantastiques Department Of Eagles) joindre
leurs forces respectives à Droste, Grizzly Bear épaissit sa carcasse autant
que ses ambitions et sort en 2006 Yellow House. Un deuxième essai qui allie
recherche forcenée et allégeance aux grands standards, qui surélève la position
du quatuor dans le paysage américain (Brooklyn aidant), et qui inaugure la
liaison entre le groupe et WARP, son nouveau label qui se plaît là à aiguiser
encore son éclectisme. La machine est alors lancée et les tournées s’enchaînent
comme autant de preuves d’un succès grandissant. Les premières parties de Feist
et de Radiohead permettent à Grizzly Bear de dépasser l’underground dans lequel
trop de groupes de cette facture restent habituellement confinés. À tel point
que ces derniers mois aux États-Unis, en dehors des premiers pas de Barack dans
sa maison blanche, peu de choses auront été autant scrutées (performances télé
multidiffusées, Twittering intense) que la conception d’un troisième album qui
paraît finalement le 25 mai 2009. Précédé par la parution du deuxième album
vertigineux de Department Of Eagles, porté par les deux singles Two Weeks et
While You Wait For The Others (l’un chanté par Daniel, l’autre par Ed, direction bicéphale oblige), Veckatimest ne déçoit pas
vraiment les attentes et conforte une ascension qui, si elle n’allait
pas forcément de soi lorsque le précieux Ed Droste s’ébattait en solo, s’avère
depuis régulière et imparable.
Ps. Évoquer Grizzly Bear sans parler de la reprise de Knife par ce plus
grand groupe du monde qu'est Born Ruffians serait criminel.
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