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Sorry For The Delay de Grizzly Bear

chronique d'album
Quoi, Grizzly Bear sort un second album en l'espace de trois mois ? Se pourrait-il que, grisé par l'accueil très favorable (et mérité) reçu par l'introductif Horn Of Plenty, le tandem de Brooklyn ait été pris d'une crise de logorrhée musicale ? En fait, ce troublant mini-albumest tout l'inverse, étantd'une certaine manièrel'écographie du beau bébé précité. De plus, ce Grizzly Bear-là n'est pas encore un binôme, mais le seul Edward Droste avant qu'il ne fasse équipe avec Christopher Bear. Enregistré entre 2002 et 2003, Sorry For The Delayest le résultat d'une période "d'hibernation créatrice de quinze mois", époque où Edward se contentait de ses talents de multi instumentiste et de son home-studio pour s'aventurer en terrain folk moderne... Utilisant déjà son DAT afin de donner une teinte urbaine à ses ballades acoustiques évanescentes, il superpose un mille-feuille de saturations et de voix filtrées qui se métamorphosent en mélodies-mantras ayant fortement tendance à se mettre en boucle d'elles-mêmes (Sure Thing). Parfois, la voix devient plus proche et fait alors penser au Syd Barrett de Madcap Laughscomme dans ALeader Always Carries A Stick et August March. Si la modernité de Particular To Whatpourra en dérouter quelques-uns, tout le monde tombera d'accord sur la beauté et l'intemporalité de la reprise de Owner Of A Lonely Heart. Nettoyée de la synthétique superproduction de Trevor Horn pour Yes, elle recouvre sa virginale douceur... d'ours en peluche ! Ah oui, la prochaine fois que vous verrez le nom Grizzly Bear sur une galette, elle proviendra de la maison Warp.
MARC GOURDON
MAGIC RPM  #101


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