La musique de Grandaddy est un affront fait aux clichés.
Ou comment cinq campagnards hirsutes adeptes des guitares grattées à la hache
ont enfanté une pop aux influences célestes, capable d’élever l’auditeur tout
en l’ébranlant au passage. Mais de ce voyage aérien et irradié, Just Like The Fambly Cat en est l’escale
finale, le Californien Jason Lytle ayant ordonné il y peu le sabordage du
navire astral. Une décision surprenante que l’unique maître à bord tente de justifier
ici, tout en revenant sur ses influences, son passé et ses passions. Le visage
imberbe, la casquette vissée sur le crâne, l’humour et la franchise chevillées
au corps… C’est un homme apaisé qui nous répond.
Interview Jean-François Le Puil.
SKATEBOARD
Le skateboard est pour moi aussi vital que la musique, et je suis content de pouvoir en parler ici. (Sourire.) Quand je skate, je me sens libre, j’ai l’impression de voler. C’est l'équilibre des sens : ressentir son corps fendre l’air, accélérer, être attentif en permanence au moindre bruit, savoir observer le moindre détail. Le skate est un parfait mélange d’agressivité et de grâce, de brutalité et de mouvement. Et ces dichotomies définissent d’ailleurs très bien ce que j’essaie de faire avec ma musique. La manière dont tu skates reflète ta personnalité. Même si je n’ai pas eu vraiment de modèle, Neil Blender était mon favori, un skater old school et un artiste accompli, à la fois très technique et très créatif, connu pour avoir inventé nombre de figures. Il a contribué à populariser ce sport, mais ne s’est jamais perdu dans la hype qui a accompagné son essor. Il a fait du bon boulot, en restant modeste.
MODESTO
(Il lève les yeux aux ciels.) Oh non, pas Modestoooooooooooooooh ! (Sourire.) Pour résumer : rien à y faire à part boire, se droguer ou mettre une fille enceinte dans les buissons. (Rires.) Maintenant que j’en suis parti, je l’imagine comme une ville hantée, avec des monstres qui pourchassent les habitants dans des rues délabrées traversées par la foudre. (Rires.) Plus sérieusement, si j’ai toujours eu une relation amour-haine avec ma ville, ces dernières années, elle ne m’inspirait rien d’autre que du dégoût. Cet environnement m’a bien sûr beaucoup influencé au départ, mais ça n’était plus du tout le cas ces derniers temps : la forêt disparaît peu à peu au profit de maisons faites de plastique et de carton, qui s’effondreront d’ici cinq ans, au mieux. J’ai donc préféré retrouver une nature riche et abondante dans le Montana, où j’habite désormais, dans une cité étudiante très active. Mais je retournerai sûrement à Modesto un jour. Nous sommes comme un couple qui, pour pouvoir se réconcilier, avait besoin de se séparer en se balançant des insultes à la figure : “Qu’est-ce que tu regardes comme ça ?” “Ta gueule, je ne veux plus t’entendre”. “Va te faire foutre, je me tire…” (Rires.)
NATURE
Je devrais la défendre plus activement, mais je l’aime pour des raisons purement égoïstes. (Il fixe une fleur placée sur la table, puis la respire longuement.) La nature me rend meilleur, elle m’aide à grandir et à résoudre les problèmes qui se posent à moi chaque jour. Je pense qu’il existe un cercle vertueux qui ne devrait jamais s’interrompre : la nature m’aide à créer une musique qui rend les gens heureux, et ces derniers sont alors incités à prodiguer du bonheur à leur entourage, et ainsi de suite. Les paysages montagneux du Montana sont merveilleux, presque féeriques. 75 % de cet État est dédié aux parcs nationaux et s’il y a bien une chose que le gouvernement doit préserver à tout prix, c’est cet environnement. Ils m’inspirent bien plus que des horizons mutilés par des buildings informes ou des McDonalds construits à perte de vue et servant de point de ralliement aux toxicomanes du coin.
THE ELEPHANT MAN
L’une des œuvres les plus émouvantes jamais réalisées (ndlr. par David Lynch, en 1980). J’aime cette idée d’avoir une image repoussante et de devoir tout faire pour compenser cela. (L’air pleurnichard, il prend une voix accablée.) “Je suis moche, mais je vais vous prouver que je sais faire des choses magnifiques”. C’est vraiment pathétique ! (Rires.) Les gens dépensent tellement d’énergie à se contempler, à parler d’eux-mêmes. La seule chose qui m’importe est de faire de la musique et de transmettre des émotions, sans avoir besoin d’expliquer pourquoi j’ai pris telle ou telle décision. Je sors un disque, mais pourquoi suis-je obligé de me farcir toute cette merde qui l’accompagne ? C’est aussi pour ça que j’apprécie tant la nature, on n’y trouve pas de miroir et l’on n’a pas besoin de parler. D’un autre côté, j’aime l‘idée d’être placé dans une situation inconfortable, et de devoir l’endurer. La chanson 50% sur le dernier album exprime cette frustration. Elle est très nerveuse, comme une montée d’adrénaline. Mais après ce coup de sang, je réalise que la vie est ainsi, et qu’elle peut être très frustrante.
ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA
Leur nom résume tout. L’électricité, les effets de lumière incroyables, des OVNIS surdimensionnés aux quatre coins de la scène… J’ai toujours du mal à expliquer pourquoi Electric Light Orchestra me fascine autant, pourquoi j’entretiens une relation aussi intime avec ce groupe. J’ai grandi en écoutant leur musique au walkman à longueur de journée, ça m’a complètement traumatisé. Jeff Lynne (ndlr. le compositeur-guitariste) m’a énormément influencé car c’était un type plutôt modeste qui a su imaginer ce concept incroyable en créant son propre univers. Il a écrit des hits énormes qui lui ont rapporté une tonne d’argent tout en expérimentant sans cesse de nouvelles sonorités. Je suis terriblement jaloux de son parcours en fait. (Sourire.)
THE SOPHTWARE SLUMP
Est-ce que j’aime ce disque ? Disons plutôt que je n’en aie pas honte. (Sourire.) Je me demande encore pourquoi les gens l’ont tant plébiscité. Peut-être est-il sorti au bon moment, tout simplement… Je suis très perfectionniste et lorsque je le réécoute, je n’entends évidemment que les parties mal produites. Mais le plus important pour moi reste de réaliser des œuvres personnelles, presque intimes. Quand tu te livres ainsi, il y a de grandes chances pour que ta musique perdure et que les gens s’y attachent. The Sophtware Slump était de ce point de vue une grande réussite. Mais il y a aussi la partie technique. (Après un temps d’hésitation, brusquement.) Pour parler franchement, je trouve que la batterie sonne très mal, j’aurais dû placer plus de chœurs ici, plus d’orchestration là… (Rires.) D’un autre côté, je crois que la frustration ressentie à la fin de l’enregistrement de The Sophtware Slump m’a poussé à faire de Sumday (ndlr. l’album suivant) un disque à la production très soignée, extrêmement puissante. Même si ça ne s’entend pas forcément, ces deux albums sont donc liés, indispensables l’un à l’autre.
SPLIT
(Après un long silence.) Une douce technique de conservation (sic). Paradoxalement, c’était la meilleure décision à prendre pour continuer à faire de la musique. Ma première préoccupation était de préserver mes relations avec les autres membres du groupe. La deuxième était d’arrêter ces tournées pendant lesquelles nous accumulions des dettes que la vente de disques ne compensait plus. Nous commencions à nous haïr les uns les autres, les fans assistaient à des concerts misérables et je me demandais même parfois s’il ne valait pas mieux mourir… C’est dire si ça allait mal ! (Rires.) Il y a deux schémas possibles actuellement : soit vous êtes un nouveau groupe soutenu par la hype et vous signez un deal énorme dès votre premier album, soit vous êtes Coldplay, U2 ou Greenday et vous générez des millions de dollars en vendant par wagons et en accumulant les tournées gigantesques. Grandaddy était au milieu de ces deux systèmes, et ça devenait toujours plus dur car l’industrie musicale dépense de moins en moins d’argent pour des formations comme la nôtre. Personne ne nous a aidés à franchir le palier supérieur… Mais je crois que nous n’étions de toute façon pas capables de le faire.
DAVE TRUMFIO
Dave et moi avons passé plus de temps à raconter des conneries et à manger coréen qu’à mixer Just Like The Fambly Cat dans son studio. (Rires.) (ndlr. Trumfio est aussi l’ingénieur du son de Wilco, Mates Of State et Handsome Family). Sérieusement, c’était formidable. Nous avons le même âge, on a grandi en écoutant les mêmes disques… Une fois le budget dépassé, Dave a réalisé la fin de l’album gratuitement car il était aussi déterminé que moi à le faire sonner exactement comme nous le désirions. Et j’ai maintenant un nouvel ami dans l’industrie musicale… Mais il m’en faut plein d’autres, je n’en ai pas assez ! (Sourire.) Ce nouveau disque est comme une synthèse des précédents, même si je trouve qu’il recèle bien plus de couleurs et de nuances. Au tout début de l’enregistrement, je n’étais pas encore persuadé qu’il s’agirait du dernier Lp de Grandaddy. Mais au fur et à mesure, ça m’est apparu comme une évidence, une nécessité. J’ai alors rajouté l’intro et l’outro. Le graphisme de la pochette est aussi directement inspiré par cette fin.
AVENIR
Grandaddy dévalait une rivière. Elle s’est peu à peu tarie pour finalement se déverser dans un océan, au milieu duquel je suis actuellement en train de flotter. J’observe tranquillement, les yeux grand ouverts, et les possibilités semblent infinies : aller nager, se reposer sur la plage, faire des châteaux de sable… (Sourire.) J’aimerais beaucoup produire d’autres artistes ou enregistrer un disque composé de trente chansons de trente secondes chacune. Faire un album fleuve est trop épuisant… Tiens, encore une histoire d’eau. (Rires.)
Interview Jean-François Le Puil.
SKATEBOARD
Le skateboard est pour moi aussi vital que la musique, et je suis content de pouvoir en parler ici. (Sourire.) Quand je skate, je me sens libre, j’ai l’impression de voler. C’est l'équilibre des sens : ressentir son corps fendre l’air, accélérer, être attentif en permanence au moindre bruit, savoir observer le moindre détail. Le skate est un parfait mélange d’agressivité et de grâce, de brutalité et de mouvement. Et ces dichotomies définissent d’ailleurs très bien ce que j’essaie de faire avec ma musique. La manière dont tu skates reflète ta personnalité. Même si je n’ai pas eu vraiment de modèle, Neil Blender était mon favori, un skater old school et un artiste accompli, à la fois très technique et très créatif, connu pour avoir inventé nombre de figures. Il a contribué à populariser ce sport, mais ne s’est jamais perdu dans la hype qui a accompagné son essor. Il a fait du bon boulot, en restant modeste.
MODESTO
(Il lève les yeux aux ciels.) Oh non, pas Modestoooooooooooooooh ! (Sourire.) Pour résumer : rien à y faire à part boire, se droguer ou mettre une fille enceinte dans les buissons. (Rires.) Maintenant que j’en suis parti, je l’imagine comme une ville hantée, avec des monstres qui pourchassent les habitants dans des rues délabrées traversées par la foudre. (Rires.) Plus sérieusement, si j’ai toujours eu une relation amour-haine avec ma ville, ces dernières années, elle ne m’inspirait rien d’autre que du dégoût. Cet environnement m’a bien sûr beaucoup influencé au départ, mais ça n’était plus du tout le cas ces derniers temps : la forêt disparaît peu à peu au profit de maisons faites de plastique et de carton, qui s’effondreront d’ici cinq ans, au mieux. J’ai donc préféré retrouver une nature riche et abondante dans le Montana, où j’habite désormais, dans une cité étudiante très active. Mais je retournerai sûrement à Modesto un jour. Nous sommes comme un couple qui, pour pouvoir se réconcilier, avait besoin de se séparer en se balançant des insultes à la figure : “Qu’est-ce que tu regardes comme ça ?” “Ta gueule, je ne veux plus t’entendre”. “Va te faire foutre, je me tire…” (Rires.)
NATURE
Je devrais la défendre plus activement, mais je l’aime pour des raisons purement égoïstes. (Il fixe une fleur placée sur la table, puis la respire longuement.) La nature me rend meilleur, elle m’aide à grandir et à résoudre les problèmes qui se posent à moi chaque jour. Je pense qu’il existe un cercle vertueux qui ne devrait jamais s’interrompre : la nature m’aide à créer une musique qui rend les gens heureux, et ces derniers sont alors incités à prodiguer du bonheur à leur entourage, et ainsi de suite. Les paysages montagneux du Montana sont merveilleux, presque féeriques. 75 % de cet État est dédié aux parcs nationaux et s’il y a bien une chose que le gouvernement doit préserver à tout prix, c’est cet environnement. Ils m’inspirent bien plus que des horizons mutilés par des buildings informes ou des McDonalds construits à perte de vue et servant de point de ralliement aux toxicomanes du coin.
THE ELEPHANT MAN
L’une des œuvres les plus émouvantes jamais réalisées (ndlr. par David Lynch, en 1980). J’aime cette idée d’avoir une image repoussante et de devoir tout faire pour compenser cela. (L’air pleurnichard, il prend une voix accablée.) “Je suis moche, mais je vais vous prouver que je sais faire des choses magnifiques”. C’est vraiment pathétique ! (Rires.) Les gens dépensent tellement d’énergie à se contempler, à parler d’eux-mêmes. La seule chose qui m’importe est de faire de la musique et de transmettre des émotions, sans avoir besoin d’expliquer pourquoi j’ai pris telle ou telle décision. Je sors un disque, mais pourquoi suis-je obligé de me farcir toute cette merde qui l’accompagne ? C’est aussi pour ça que j’apprécie tant la nature, on n’y trouve pas de miroir et l’on n’a pas besoin de parler. D’un autre côté, j’aime l‘idée d’être placé dans une situation inconfortable, et de devoir l’endurer. La chanson 50% sur le dernier album exprime cette frustration. Elle est très nerveuse, comme une montée d’adrénaline. Mais après ce coup de sang, je réalise que la vie est ainsi, et qu’elle peut être très frustrante.
ELECTRIC LIGHT ORCHESTRA
Leur nom résume tout. L’électricité, les effets de lumière incroyables, des OVNIS surdimensionnés aux quatre coins de la scène… J’ai toujours du mal à expliquer pourquoi Electric Light Orchestra me fascine autant, pourquoi j’entretiens une relation aussi intime avec ce groupe. J’ai grandi en écoutant leur musique au walkman à longueur de journée, ça m’a complètement traumatisé. Jeff Lynne (ndlr. le compositeur-guitariste) m’a énormément influencé car c’était un type plutôt modeste qui a su imaginer ce concept incroyable en créant son propre univers. Il a écrit des hits énormes qui lui ont rapporté une tonne d’argent tout en expérimentant sans cesse de nouvelles sonorités. Je suis terriblement jaloux de son parcours en fait. (Sourire.)
THE SOPHTWARE SLUMP
Est-ce que j’aime ce disque ? Disons plutôt que je n’en aie pas honte. (Sourire.) Je me demande encore pourquoi les gens l’ont tant plébiscité. Peut-être est-il sorti au bon moment, tout simplement… Je suis très perfectionniste et lorsque je le réécoute, je n’entends évidemment que les parties mal produites. Mais le plus important pour moi reste de réaliser des œuvres personnelles, presque intimes. Quand tu te livres ainsi, il y a de grandes chances pour que ta musique perdure et que les gens s’y attachent. The Sophtware Slump était de ce point de vue une grande réussite. Mais il y a aussi la partie technique. (Après un temps d’hésitation, brusquement.) Pour parler franchement, je trouve que la batterie sonne très mal, j’aurais dû placer plus de chœurs ici, plus d’orchestration là… (Rires.) D’un autre côté, je crois que la frustration ressentie à la fin de l’enregistrement de The Sophtware Slump m’a poussé à faire de Sumday (ndlr. l’album suivant) un disque à la production très soignée, extrêmement puissante. Même si ça ne s’entend pas forcément, ces deux albums sont donc liés, indispensables l’un à l’autre.
SPLIT
(Après un long silence.) Une douce technique de conservation (sic). Paradoxalement, c’était la meilleure décision à prendre pour continuer à faire de la musique. Ma première préoccupation était de préserver mes relations avec les autres membres du groupe. La deuxième était d’arrêter ces tournées pendant lesquelles nous accumulions des dettes que la vente de disques ne compensait plus. Nous commencions à nous haïr les uns les autres, les fans assistaient à des concerts misérables et je me demandais même parfois s’il ne valait pas mieux mourir… C’est dire si ça allait mal ! (Rires.) Il y a deux schémas possibles actuellement : soit vous êtes un nouveau groupe soutenu par la hype et vous signez un deal énorme dès votre premier album, soit vous êtes Coldplay, U2 ou Greenday et vous générez des millions de dollars en vendant par wagons et en accumulant les tournées gigantesques. Grandaddy était au milieu de ces deux systèmes, et ça devenait toujours plus dur car l’industrie musicale dépense de moins en moins d’argent pour des formations comme la nôtre. Personne ne nous a aidés à franchir le palier supérieur… Mais je crois que nous n’étions de toute façon pas capables de le faire.
DAVE TRUMFIO
Dave et moi avons passé plus de temps à raconter des conneries et à manger coréen qu’à mixer Just Like The Fambly Cat dans son studio. (Rires.) (ndlr. Trumfio est aussi l’ingénieur du son de Wilco, Mates Of State et Handsome Family). Sérieusement, c’était formidable. Nous avons le même âge, on a grandi en écoutant les mêmes disques… Une fois le budget dépassé, Dave a réalisé la fin de l’album gratuitement car il était aussi déterminé que moi à le faire sonner exactement comme nous le désirions. Et j’ai maintenant un nouvel ami dans l’industrie musicale… Mais il m’en faut plein d’autres, je n’en ai pas assez ! (Sourire.) Ce nouveau disque est comme une synthèse des précédents, même si je trouve qu’il recèle bien plus de couleurs et de nuances. Au tout début de l’enregistrement, je n’étais pas encore persuadé qu’il s’agirait du dernier Lp de Grandaddy. Mais au fur et à mesure, ça m’est apparu comme une évidence, une nécessité. J’ai alors rajouté l’intro et l’outro. Le graphisme de la pochette est aussi directement inspiré par cette fin.
AVENIR
Grandaddy dévalait une rivière. Elle s’est peu à peu tarie pour finalement se déverser dans un océan, au milieu duquel je suis actuellement en train de flotter. J’observe tranquillement, les yeux grand ouverts, et les possibilités semblent infinies : aller nager, se reposer sur la plage, faire des châteaux de sable… (Sourire.) J’aimerais beaucoup produire d’autres artistes ou enregistrer un disque composé de trente chansons de trente secondes chacune. Faire un album fleuve est trop épuisant… Tiens, encore une histoire d’eau. (Rires.)