Le périple s'annonçait extrême. Oser le shoegazing était périlleux pour le quartet venu d'Oxford, plus inspiré par Neil Young que par ses concitoyens de Ride, bien qu'il ait accompagné son ancien leader, Mark Gardener. En 2005, Goldrush avait travaillé avec David Fridmann, amorçant une ascension vers la pop atmosphérique (Ozona). On aurait dû se méfier du titre de son premier effort, Don't Bring Me Down (2003), qui annonçait déjà une faiblesse pour relever un défi. Le groupe s'essaye à la batterie minimaliste de The Jesus And Mary Chain et même aux cordes triturées à la John Cale (24 Hours). Ces extravagances se font par petits pics, surtout sans faire trop de bruit, par peur de provoquer une avalanche, pourtant bienvenue sur des platines. Au final, on entend un disque silencieux. Hésitant et trop timide dans ses arrangements, Goldrush n'avait pas eu le cran de faire le grand saut. L'improbable chanteur Robin Bennett n'a pas fait le choix d'assumer ses expérimentations sans harnais. Il cherche à allumer les briquets dans les stades et se prend parfois pour Chris Martin (Every One Of Us). On ne va pas contredire We Will Not Be Machines, le petit hymne de Goldrush : ces quatre-là sont loin d'être carrés. Le groupe claudique, pas encore prêt à s'attaquer aux cimes. Ici, la chute n'est pas vertigineuse, mais Goldrush n'atteint pas des sommets. On ne va pas dire que ce sera mieux la prochaine fois : marre d'attendre les frileux.