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Felt Mountain de Goldfrapp

chronique d'album
D'entrée, dès les premières notes de Lovely Head, le décor est planté ; intro sifflotante majestueuse, rythmique de velours et clavecin cristallin, qui évoque les grands espaces chers à Ennio Morricone, puis surgit cette voix qui subjugue par sa classe instantanée, celle d'Alison Goldfrapp, suivi d'un riff de guitare au son venu d'ailleurs, poignant de sincérité. Fruit d'une collaboration avec Will Gregory, les compositions sont parfaitement taillées pour le timbre d'Alison, déjà entendu sur Maxinquaye de Tricky et Snivilization d'Orbital, grâce aux doigts de fée des producteurs Adrian Utley (Portishead) et John Parish (PJ Harvey). Ils ont façonné l'écrin de rêve pour la large palette des sentiments que Goldfrapp distille, privilégiant les atmosphères langoureuses en cinémascope, propices à amplifier la dramatique ou le romantisme des émotions. Peu importe si, par la suite, les titres souffrent d'un manque de chair, si Human et sa cavalcade toutes percussions dehors et cuivres pétaradants évoquent un peu trop John Barry domptant lui seul la féline Shirley Bassey, si Deer Stop Bottle et les murmures douloureux d'Alison, parfois proches du convulsif sur un tapis implacable de notes de piano, rappelle la catharsis d'une Beth Gibbons sans filet, si Utopia recycle le carrousel brinquebalant de Nino Rota, peu importe tout cela, une voix vient d'apparaître au grand jour et personne ne s'en remettra.
Joël Tanter
MAGIC RPM  #44
article extrait de :
MAGIC RPM #44 Commander ce numéro


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