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Compte-rendu live - 18/08/2010 de Girls

interviews
Dans la touffeur du Nouveau Casino, les galantins Girls vinrent brandir leurs chansons à faire fondre du côté de Paris, pour la troisième fois en un an. Avec, en première partie surprise, un passage éclair des texans de Harlem [Par Victor Thimonier].

L'ouverture d'Harlem, inattendue et précoce, a de quoi surprendre bon nombre, comme elle a pu frustrer les retardataires : prévus depuis longtemps à la Plage de Glazart le soir même, ils jouent à peine une demi-heure, s'éclipsant aussi vite qu'ils sont venus. Logiquement, l'attente avant Girls fut trop longue, une quarantaine de minutes durant lesquelles un DJ à la masse martèle guitares saturées et rythmes agressifs au fil d'une exaspération montante. Et puis, à 21 heures pétantes, Girls déboule sur une scène décorée de roses clairsemées. Leur configuration commence à être connue (pas la première fois qu'on les voit hein), par ordre croissant d'importance : un organiste quasi-invisible, un batteur bourru à l'air bêta, un guitariste de renom (Ryan Lynch, leader de Dominant Legs), puis le duo de tête : Chet Jr White, bassiste producteur, et Christopher Owens, céladon un peu minet dans son beau polo rouge.

Ils démarrent en trombe avec leur tube immense, Lust For Life, suivi de près par Laura, les deux se passant de commentaires tant leur efficacité est à chaque fois redoutable. Lorsqu'ensuite ils entonnent Ghostmouth, nous croyons, ravis tout en essuyant une larme en pensant à Substance, qu'ils s'apprêtent à reproduire leur Album en entier et dans l'ordre. Mais quand Christopher prononce les mots : "it doesn't have to be this way, I know a substance...", on se rassure : les merveilleux inédits et autres faces B auront le quart-d'heure de gloire qu'ils méritent ce soir.

La troupe enchaîne avec Summertime, meilleur morceau du LP et plaisir rare en live. Christopher le galantin la dédie : "for Antoine", fait-il mystérieusement avant de chantonner. L'explosion du milieu du morceau fait office de première déflagration avant le redoux : Darling, l'inédit splendide Heartbreaker, Solitude à l'harmonica déchirant, puis enfin la seconde déflagration, devenue habituelle lors des performances des Américains : Hellhole Ratrace et sa déflagration noisy, enchaînée sans répit avec Morning Light et Big Bad Mean Motherfucker. Vient l'ultime accalmie : Goddamned, où Ryan le guitariste gratte dans un geste superbe le dernier accord de Christopher, Life In San Francisco, puis Lysandre. L'ambiance est alors à la romance partagée, avec un public conquis quoique légèrement apathique.

Le premier départ du groupe ne dupe personne : ils reviennent le temps d'un Oh Boy d'une lenteur savoureuse. Christopher, à la fin du morceau, laisse les autres partir pour assumer pleinement son statut d'unique centre d'attraction. Il reste seul le temps de minauder deux nouvelles compositions, ébauches délicates mais encore fragiles, dont Oh My Love dont on avait eu un aperçu il y a quelques semaines. Chet Jr, l'ayant vu rester, s'assoit dans un coin de la scène et le regarde en silence. Après des applaudissements nourris mais pas ravageurs non plus, Girls revient une troisième fois le temps de Lauren Marie, un titre également dispensé sous le coup de cette force tranquille qui leur permet de ralentir les morceaux à grand renfort de trémolos langoureux et d'arpèges brise-cœurs. Une parfaite conclusion pour un concert magnifique, probablement le plus généreux de leur tournée.

Victor Thimonier


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grossebaffe - 23/08/2010 11:04
pfffff!
Imbécile - 20/08/2010 15:07
"un guitariste de renom (Ryan Lynch, leader de Dominant Legs)". Hein?