"When you give love, you will receive love",
énonçait Christopher Owens il y a un mois dans une lettre à ses fans annonçant
la parution prochaine de Broken Dreams Club. Et venu du galantin,
l'aphorisme ne présageait que du bonheur, car on les a aimés, nos chéris de
Girls, fort, avec fougue, un peu plus que de raison mais avec une sincérité
toujours indécrottable. Et l'objet tant attendu dans les mains, force est
d'admettre que l'amour reçu est largement égal à celui qu'on a donné. Broken
Dreams Club est un monstre de générosité, un exemple de largesse pour les
pouacres qui considèrent l'EP comme un déchet discographique se contentant de
deux faces B et trois remixes bâclés.
Car ce qu'offrent nos coquelets, ce sont six morceaux d'une opulence dorée, une demi-heure de petit lait pour les tympans. Dès les premier accords de l'inaugural Thee Oh So Protective One, le ton est donné : la délicatesse s'allie à la plénitude, les mélodies fourmillent de fioritures, aux guitares gracieuses se mêlent d'amples cuivres. Mais ce qui frappe, c'est la voix : toujours imprégnée d'intonations minaudes, elle est plus maîtrisée que jamais, module à loisir, et Christopher, mi-crooner mi-minet, n'a jamais été si ravageur. Le son est finement ciselé, luxuriant. Chet Jr., enfin en possession de moyens à la mesure de ses ambitions, s'est fait orfèvre pour la production : les moindres recoins recèlent de détails raffinés - l'orgue sur le refrain d'Heartbreaker, les arpèges qui ponctuent chaque phrase ou presque. Les textures se multiplient, les guitares sont déclinées sous toutes les distorsions possibles, des plus acoustiques aux plus touffues.
Les tempos varient, de la langueur dévastatrice de Broken Dreams Club au radio-tube Heartbreaker, en passant par le groove d'Alright et par le martèlement hypnotique de Carolina. De son propre aveu ("when I look in the mirror, I'm not as young as I used to be"), les paroles de Christopher Owens sont désormais moins portées dans la jouissance du temps présent d'un Hellhole Ratrace qui faisait merveille sur le premier album, mais elle gardent le même romantisme aiguisé mis au service d'une mélancolie brise-cœur. Et comme avant, tout au long du disque, toujours ce goût pour la référence, magnifié par un songwriting d'un classicisme transgressif, toujours fabuleux melting-pot de cinquante de pop moderne : Thee Oh So Protective One tout droit venue des sixties, le "guitar solo, come on!" lancé au beau milieu de Substance, fortement réminescent du Lawrence de Denim On Ice, Alright qu'on jurerait co-écrite par Matt Fishbeck... Et enfin la country du morceau titre, peut-être l'influence la plus prégnante ici, assénée à coup de pédale steel et d'orgue Hammond, hommage à cinquante ans de musique américaine, traversée d'Est en Ouest, de San Francisco à la Caroline du Sud posée en grandiose horizon. Et face à une pareille terre promise, on ne peut qu'attendre le prochain album avec des battements de cœur.
Girls - Thee Oh So Protective One
Girls - Broken Dreams Club
Girls - Alright
Girls - Substance
Girls - Carolina
Car ce qu'offrent nos coquelets, ce sont six morceaux d'une opulence dorée, une demi-heure de petit lait pour les tympans. Dès les premier accords de l'inaugural Thee Oh So Protective One, le ton est donné : la délicatesse s'allie à la plénitude, les mélodies fourmillent de fioritures, aux guitares gracieuses se mêlent d'amples cuivres. Mais ce qui frappe, c'est la voix : toujours imprégnée d'intonations minaudes, elle est plus maîtrisée que jamais, module à loisir, et Christopher, mi-crooner mi-minet, n'a jamais été si ravageur. Le son est finement ciselé, luxuriant. Chet Jr., enfin en possession de moyens à la mesure de ses ambitions, s'est fait orfèvre pour la production : les moindres recoins recèlent de détails raffinés - l'orgue sur le refrain d'Heartbreaker, les arpèges qui ponctuent chaque phrase ou presque. Les textures se multiplient, les guitares sont déclinées sous toutes les distorsions possibles, des plus acoustiques aux plus touffues.
Les tempos varient, de la langueur dévastatrice de Broken Dreams Club au radio-tube Heartbreaker, en passant par le groove d'Alright et par le martèlement hypnotique de Carolina. De son propre aveu ("when I look in the mirror, I'm not as young as I used to be"), les paroles de Christopher Owens sont désormais moins portées dans la jouissance du temps présent d'un Hellhole Ratrace qui faisait merveille sur le premier album, mais elle gardent le même romantisme aiguisé mis au service d'une mélancolie brise-cœur. Et comme avant, tout au long du disque, toujours ce goût pour la référence, magnifié par un songwriting d'un classicisme transgressif, toujours fabuleux melting-pot de cinquante de pop moderne : Thee Oh So Protective One tout droit venue des sixties, le "guitar solo, come on!" lancé au beau milieu de Substance, fortement réminescent du Lawrence de Denim On Ice, Alright qu'on jurerait co-écrite par Matt Fishbeck... Et enfin la country du morceau titre, peut-être l'influence la plus prégnante ici, assénée à coup de pédale steel et d'orgue Hammond, hommage à cinquante ans de musique américaine, traversée d'Est en Ouest, de San Francisco à la Caroline du Sud posée en grandiose horizon. Et face à une pareille terre promise, on ne peut qu'attendre le prochain album avec des battements de cœur.
Girls - Thee Oh So Protective One
Girls - Broken Dreams Club
Girls - Alright
Girls - Substance
Girls - Carolina
4 réactions réagir
Ben il faut dire aussi que la plupart des morceaux ont été composés quasiment en même temps que ceux de l'Album (ils les jouent quasiment tous en concert depuis plus d'un an), donc le "recyclage" des mélodies ça vient de là.
Par contre, la variété elle y est drôlement je trouve, pour juste six morceaux! Quant aux passages psychédéliques, si "Carolina" suffit pas, je sais pas ce qu'il vous faut.
Par contre, la variété elle y est drôlement je trouve, pour juste six morceaux! Quant aux passages psychédéliques, si "Carolina" suffit pas, je sais pas ce qu'il vous faut.
Je sais le malin plaisir que l'on peut éprouver à casser avec un laconisme qui fait toujours très cool les commentaires un tant soit peu construits des autres, mais là je vois vraiment pas ce que tu me reproches...
Ce serait ptet plus intéressant de donner ton avis non ?...
Ce serait ptet plus intéressant de donner ton avis non ?...
"Je reste fidèle donc, en espérant voir une vraie évolution sur le prochain album":
Molo, hein, c'est pas du sport.
Molo, hein, c'est pas du sport.
Mouais...Consensus apparemment autour de cet EP qui personnellement m'a plutot déçu. La générosité est toujours là, mais plus les variations de ton, les passages psychédéliqiues, enfin l'extraordinaire variété de leur Album.
Un album dont ils ici recyclent aussi pas mal de mélodies, pour des résultats qui paraissent moins passionnés : c'est la meme formule, juste plus aboutie, mais au prix d'un étirement excessif des chansons.
En fait, cet EP ne montre pas je trouve de progression, d'avancée véritable pour le groupe, tant sur le point musical que des textes...mais enfin cela reste touchant, et bien sur ce n'est qu'un EP, et comme vous l'avez dit c'est déjà très riche comme contenu pour un EP !
Je reste fidèle donc, en espérant voir une vraie évolution sur le prochain album, et pas une variation (de qualité) d'une demi-heure sur le même thème, la même note et le même ton.
Un album dont ils ici recyclent aussi pas mal de mélodies, pour des résultats qui paraissent moins passionnés : c'est la meme formule, juste plus aboutie, mais au prix d'un étirement excessif des chansons.
En fait, cet EP ne montre pas je trouve de progression, d'avancée véritable pour le groupe, tant sur le point musical que des textes...mais enfin cela reste touchant, et bien sur ce n'est qu'un EP, et comme vous l'avez dit c'est déjà très riche comme contenu pour un EP !
Je reste fidèle donc, en espérant voir une vraie évolution sur le prochain album, et pas une variation (de qualité) d'une demi-heure sur le même thème, la même note et le même ton.