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Evil Wicked Desire de GHXST

chronique d'album
Ces vingt-huit minutes et des poussières regroupent les deux premiers EP de GHXST, trio souterrain – dans tous les sens du terme. Shelley X, Chris Wild et Nathan La Guerra ont fui l'implacable soleil de Los Angeles pour se réfugier à New York et dans leurs fantasmes : The Velvet Underground, Suicide, les kamikazes no-wave, autant d'astres noirs irrémédiablement liés à Gotham. Électrisés par l'effervescence permanente, mais déçus par la “gentrification” galopante, nos Californiens se sont sans doute enfermés dans une cave pour donner vie à leurs rêves noirâtres. On peut se gausser de leur imagerie (typographie gothique, photos du groupe à l'avenant), mais le résultat sonore est là : oppressantes, bruitistes, ces chansons ne cèdent pas la moindre once de terrain à la légèreté.



Sur une pulsation rythmique tendue, sèche et plaisamment épuisante, se mêlent riffs metal, larsens crève-tympans, guitares tempétueuses, synthés brûlés vifs, samples de film et chant lointain. Le trio parvient pourtant à instaurer une certaine langueur vénéneuse durant cette petite demi-heure en apnée. Et finalement, New York n'a plus grand-chose à voir dans tout ça. Plus extrémiste que Serena Maneesh dans la descente aux enfers, GHXST évoque surtout une rencontre impromptue entre les frères Reid et Ministry au fin fond d'un ranch texan. On a connu pire compagnie.
Thibaut Allemand
MAGIC RPM  #161


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