Où il sera encore question d'être, d'avoir été et de la difficulté éprouvée par les héros fourbus de l'indie rock à concilier les deux. Qu'a été au juste Gerad Langley ? Le leader de The Blue Aeroplanes, groupe parfois génial, souvent incompris, aura gagné sa place au Panthéon de la pop à guitares pour avoir signé au début des 90's un doublé d'albums majeurs, Swagger et Beatsongs. Que lui est-il donc advenu aujourd'hui ? Un pochard bouffi posant fièrement, sa bouteille de whisky vide à la main, sur la pochette d'un disque qui ne ressemble pas à grand-chose. Un auteur distrait et négligent venu poser sa voix autrefois si caractéristique, entre chant et déclamation, sur quelques chansons démoulées trop chaudes qui apparaissent comme autant de résidus informes de ses beuveries. Signe des temps : lui qui émaillait autrefois ses faces B de reprises de Richard Thompson ou des chansons marquées au sceau du bon goût se complaît à agiter le spectre moisi d'un vieux boogie de Status Quo (Paper Plane) ou à mouliner une reprise en roue libre du Hush de Billy Joe Royal que même notre Johnny national n'avait pas réussi à massacrer à ce point. "Play loud", ose-t-il en plus nous ordonner sur la rondelle qui sert de support à ces indigences sonores. Par politesse, on s'abstiendra de répondre à cette injonction ridicule. Tout en lui rappelant quand même que la nostalgie et l'indulgence ont parfois des limites.