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Fifteen Wild December

archive mag mars 1997
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Lorsqu'un artiste déclare à propos de sa musique "laisser notre désir intérieur s'exprimer pour arriver à la perfection absolue qui existe, nous le savons, et qui également restera à jamais hors de notre portée", cela laisse toujours un peu songeur. Mais comme Geoff Smith est un ancien élève de Gavin Bryars, ça lui donne une chance. Il joue des claviers avec un emportement tout romanesque et a mis en musique des poèmes anglais du dix-neuvième siècle de Shelley, Keats et Emily Brontë. Ça part d'un bon sentiment sauf qu'il les a fait chanter par Nicola Walker Smith à la voix tout ce qu'il y a de plus lyrique. C'est-à-dire qu'elle donne l'air de déclamer ses poésies sans que sa voix transpire une once d'émotion. L'ensemble est froid, lisse et propre. Lorsque Martyn Bates met en musique les poèmes de James Joyce, l'auditeur est partie prenante de l'émotion, il y a une grande complicité dans les sentiments entre l'artiste et l'auditeur. Lorsque Chloé de Collection d'Arnell-Andrea chante, et sa voix n'est pas très éloigné du lyrique, on sent un abandon de toute sa personne. Rien de tout cela ici. Sans parler de ce mix du morceau 6 Wings Of Bliss à la rythmique honteusement trip-hop. Laissons plutôt la parole à Oscar Wilde : "C'est avec les meilleures intentions que l'on écrit les pires oeuvres d'art".

Philippe Morrison

magazine num 13 article extrait de :
MAGIC RPM #13


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