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Return The Gift

archive mag novembre 2005
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Au fil du temps, Gang Of Four exerce une influence incontestable : de l'éclosion de la pop punk d'Elastica, en passant par le punk funk de The Rapture, LCD Soundsystem et consorts, jusqu'au succès de Franz Ferdinand ou Bloc Party, le groupe anglais a beaucoup essaimé dans la musique énervée à guitare pour les garçons, qui fait danser les filles (et les garçons aussi du coup). Le premier album paraît en 1979 et mélange la tension du post-punk au funk (chauffé à) blanc, inaugurant en ces années disco une forme nouvelle de dance music, radicale et engagée, désabusée et audacieuse. Trois autres disques suivront sans véritable succès, avant que les membres ne se séparent. Mais en 1995, le quatuor de Leeds se reforme déjà et défend sur scène le raté Shrinkwrapped. Quel est donc l'intérêt de réenregistrer en 2005 leurs plus palpitants morceaux avec la technologie actuelle, quand la plupart des nouveaux les plagient ? Sans doute pour rendre à Gang Of Four ce qui leur appartient (Return The Gift, ndlr) et offrir aux nostalgiques et aux autres la possibilité de les applaudir en tournée, et faisant évidemment sonner le tiroir-caisse (comme auparavant le Velvet Underground, les Stooges ou les Pixies, pour ne citer qu'eux). Sur le premier volet, les titres tirés de leurs trois premiers albums et joués de manière fidèle n'ont pas pris une ride, sonnant résolument modernes. Si Michael Stipe ou Flea proclamaient leur admiration dix ans plus tôt dans les notes de pochette de la réédition de l'inaugural Entertainment!, d'autres fans transis sont mis à contribution sur un second Cd pour remixer les hymnes bouillonnants de Gang Of Four. Cet exercice habituellement vain offre cependant quelques surprises inattendues : la relecture dub de Ether par Tony Kanal de... No Doubt et surtout la disco lubrique de I Love A Man In A Uniform, sur laquelle Karen O des Yeah Yeah Yeahs mêle son chant à celui de Jon King. En comparaison, le reste des troupes (The Others, Ladytron, The Rakes, etc.) la joue plus timoré, conscient de l'importance du travail de ces précurseurs increvables et irrésolus à débrancher leurs guitares !

ALEXANDRE COGNARD

magazine num 95 article extrait de :
MAGIC RPM #95


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