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Travels With Myself And Another de Future Of The Left

chronique d'album
Le voici enfin, le tant attendu deuxième album studio de Future Of The Left. Signé pour notre plus grande joie chez 4AD en début d'année, le trio de Cardiff a d'abord offert un live dantesque en pâture à ses adorateurs (Last Night I Saved Her From Vampires ), rappelant au joli mois de mai que rien n'advient sans une généreuse dose de barbarie. Travels With Myself And Anotherpouvait-il faire aussi mal que Curses(2007), voire que l'intouchable Do Dallas (2002) de Mclusky ? Réponse après une centaine d'écoutes enchaînées jusqu'au débarquement des voisins du dessous : oui, and then some, pour paraphraser ce salopard de Bruce Willis dans The Last Boyscout (1991).

On a ici simplement affaire au meilleur disque de hardcore pop jamais produit, ne serait-ce que parce qu'il porte ce mariage de déraison (Big Black à cheval sur Weezer, au hasard) dans ses derniers retranchements pour dérouiller d'un même coup le bide, les couilles, le cœur, les neurones et tout ce qui s'y accroche encore. Douze chansons aussi denses que légères qui foncent, titubent, s'écorchent et reviennent à la charge, un méchant ride pour derviches en manque d'étourdissement. Sans faire de favoritisme impossible, on annoncera ici pour vous faire un peu saliver Land Of The Formers, toboggan speed metal éclaboussé de rose, The Hope That House Built, idéal de frustration rock empoisonné d'humour noir, Throwing Bricks At Trains, pop song violente et entêtée aux synthés qui rendent fou, ou Lapsed Catholics, petite merveille acoustique accouchant d’un riff pyromane, qui met fin aux hostilités sur un sentiment de jubilation rare. Allez, on sort ses doigts de son nez et on court se jeter contre les murs avec Travels With Myself And Another.
Michaël Patin
MAGIC RPM  #133


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