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Last Night I Saved Her From Vampires de Future Of The Left

chronique d'album
Le seul groupe britannique qui vaille la peine d'être écouté, disait à propos de Mclusky le plaisantin Steve Albini, producteur des deux derniers albums du trio de Cardiff. Il aura fallu attendre la mort du groupe pour que sa parole soit entendue par 4AD, qui signe aujourd'hui son revenant à peine putréfié (deux membres sur trois s'accrochent), Future Of The Left. Les directeurs artistiques du glorieux label londonien ont, semble-t-il, pris une sacrée claque en tombant sur l'introductif Curses, puisqu'ils ont accepté que le groupe lâche un disque live comme première référence chez eux.

Autre argument convaincant : sur scène, les Gallois envoient sévèrement. Attitude vache et décharges électriques radicales. Affreux, sales et méchants. Difficile à capturer sur disque, mais pour peu qu'on y maintienne un son vicelard, l'affaire est dans le sac. Last Night I Saved Her From Vampires est donc une réussite. Après s'être copieusement payé la gueule de Reverend & The Makers en guise d'échauffement, Andy “Falco” Falkous et ses potes s'attaquent à une playlist en forme d'ascenseur vers la folie furieuse. D'abord un peu brouillons (Wrigley Scott, Fingers Become Thumbs), ils lâchent vite la bride pour jouir sans complexe dans l'humour et la violence.

À partir de l'époustouflant Manchasm, qui envoie The Stooges en cure chez Television Personalities (la bonne blague), ça commence à flinguer la cervelle. Small Bones Small Bodies et Fuck The Countryside Alliance renvoient la politesse à Dischord, l'inédit V.D.F.A sature l'espace comme un Circle Jerks shoegazing, et The Lord Hates A Coward donne la confiture post-punk aux cochons heavy metal. La catharsis est complète sur Cloak The Dagger, qui clôt le concert tout larsen dehors à la vitesse d'un jet, avant la déconnade finale. Ça fait du bien là où ça fait mal.
Michael Patin
MAGIC RPM  #130


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