Ian McKaye a tant apporté au hardcore (un son, une ligne de conduite, un label) que tous les groupes actuels se plaisent à citer Minor Threat, son ancien groupe, comme une influence majeure. Ce que deviendra forcément Fugazi, tant il est encore et toujours totalement décalé du reste du rock underground américain, comme le furent Hüsker Dü ou même les Pixies, seul ou presque, dans un champ vaste et fertile. End Hits conjugue alors tout ce que peut donner de mieux le groupe de Washington, à savoir en premier lieu des mélodies simples, puissantes, énergiques comme Place Position ou Five Corporations. Cependant, l'aspect immédiat et pop qui faisait un peu défaut à leur précédent disque, n'est cette fois-ci pas délaissé avec, en plus, un coté ludique (Arpegiator et Break). Voici donc un Fugazi vieux de plus de dix ans, tout en fougue mais avec la maturité évidente dont il a toujours fait preuve et une intelligence de jeu envoûtante, et sans fatuité qui construit au fil de ses albums, un oeuvre des plus solides et consistantes.