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Compte-rendu live - 26/10/09 de Fuck Buttons

interviews
Vendredi, le duo électronique dans le vent Fuck Buttons était de sortie au Nouveau Casino (Paris) pour promouvoir Tarot Sport, un deuxième album produit par Andrew Weatherall. HTRK était en première partie, et pour l'after, Desire et Glass Candy célébraient dignement l'avènement du label Italians Do It Better au Social Club. C'était la fête, quoi. Et Petit Dragon était de la partie.

Ouvrir son concert par l’un des trois meilleurs morceaux d’une dizaine de minutes jamais entendus* vous pose une performance, c’est sûr. Mais ça vous la flingue aussi dans l’œuf. Ledit œuf était pourtant plein ce soir-là au Nouveau Casino, et l’abondante foule déjà acquise à la cause de Fuck Buttons n’en demandait pas tant après avoir été enterrée à froid par les psalmodies funèbres de HTRK en première partie**.

Mais les Anglais décidèrent d’en faire fi et lâchèrent la purée sans sommation. Surf Solar d’entrée, donc. Un magma électronique qui concasse dans un mouvement ascensionnel toutes les ficelles du genre, qui accole le bleep diamantaire au beat attiléen, qui noie d’hypnotiques effets synthétiques dans des ressacs de distorsion. Et les zozos du premier rang (à l'arrière, l’effet se disperse et la fureur sonique étrille moins la poitrine) de se faire happer par la machinerie, moudre les neurones et broyer les rotules entre quatre murs avec le même plaisir et les mêmes chorégraphies amples que des raveurs cachetonnés à ciel ouvert.

Sauf que quand on a dit ça, on a dit l’essentiel. Et Fuck Buttons a presque tout mis sur la tab’. La suite de la prestation dépassionnée calme les ardeurs, même si elle met quasiment en sourdine la sauvagerie industrielle du premier essai Street Horrrsing pour se concentrer sur les antiennes kraut-technoïdes de Tarot Sport, l’un des disques les plus dégivrants de cette fin d’année calée sur l’heure d’hiver. Passés Colours Move, où Mogwai dévore Four Tet, et Bright Tomorrow, où l’homme-casquette Benjamin John Power s’embrase en vociférant ses borborygmes dans un micro laminé par les parasites, les deux hommes de Bristol termineront même en alignant à l’identique les trois derniers morceaux du deuxième album, dont le rappel couvé par un ciel d’interférences Flight Of The Feathered Serpent (comme si Kevin Shields s’était fait acidifier le cerveau jusqu’au trognon).

Un automatisme qui laisse sur sa fin, parce que quitte à « clubber » sans ambages, une sono décuplée, plus quelques dérives non enregistrées et entièrement soumises au gigotement auraient suffi à casser la baraque. Comme si Andrew et Benjamin, au lieu de respecter à la lettre près leur patronyme en culbutant singulièrement leurs boutons, avaient préféré s'y fier à la seconde près en les poussant mécaniquement.

> Setlist du concert de Fuck Buttons (y'a encore des trucs écrits après) :

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* Les des autres morceaux étant Alvin Row d’Animal Collective et Bay Of Pigs de Destroyer.

** Parlons-en de cette première partie.  "J’ai demandé aux gens qui était mort, mais personne n'a su me dire", m’a confié une pimpante spectatrice après la prestation mortelle de HTRK (pour Hate Rock). Avec deux manieurs de manche promis à la reverb' et une chanteuse centrale soumise à d’évasives incantations, on s’ennuie comme des rats morts en entendant s’essouffler toutes seules ces nappes lugubres comme The Cure et empesées comme une adolescente gothique. Avant de décéder, la queue du rat frétille un chouïa lorsque maîtresse Jonnine, raide comme la trique, ouvre sa veste et commence à se dandiner avec la souplesse d’un piquet. Elle saisit même son verre de rouge et en avale lascivement une goulée ou deux. Puis elle recommence à rythmer la noire cérémonie en tapant sur son gros tambour avec une telle emphase que l’on se moque un peu, tout en se disant qu'elle ferait plus d'effet en délaissant son assomoir pour empoigner un fouet. Ceci étant dit, après écoute des enregistrements, la mixture remuée par HTRK empoisonne mieux sur bandes.

PS. Promis à une sacrée soirée, Petit Dragon s’est ensuite rendu au Social Club pour applaudir Desire et Glass Candy lors d’une soirée dédiée à Italians Do It Better, le label qui danse sur la glace. Malheureusement, ledit concert de Desire n’a commencé qu’à 1h et Petit Dragon n’était alors plus en état de retenir quoique ce soit. Restent les flashs d’une performance emballante, d'une chanteuse parfaitement timide et méritante qui s’épanouit lascivement au contact d’un Johnny Jewel au charisme décapant. Un producteur comme le parfait Pygmalion de l’électronique actuelle.

Petit Dragon


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dada - 10/12/2009 19:22
Magnifique scan de la playlist !