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En raison du succès exponentiel de la carrière de Kieran Hebden, alias Four Tet, celle du trio Fridge – l'un des projets post-rock parmi les plus intéressants à avoir émergé du Royaume-Uni – a vu la sienne largement mise en veilleuse. Fidèle en amitié, Hebden a pris le temps de retrouver Adem Ilhan (basse) et Sam Jeffers (batterie) pour enregistrer un cinquième album, six ans après Happiness (2001). Hum, post-rock, vous direz-vous, sommes-nous encore dans la pertinence ? Tant d'eau a coulé sous les ponts ! Le truc, c'est que groupe-là a toujours eu une façon très particulière d'aborder le sujet. Comment dire ? C'est aussi difficile à expliquer qu'une différence de vibration. Marqué par un évident retour aux principes organiques (notamment en gommant quelque peu l'électronique), The Sun est une fois de plus à des kilomètres des ambiances torturées et des déchirements soniques empreints de tristesse, inhérents au genre musical précité. Les morceaux qui s'enchaînent en une longue méditation rythmique recentrée sur les éléments naturels (Our Place In This, Years And Years And Years…) donnent lieu à une réflexion sur le temps qui passe (Clocks) et notre place dans l'univers (la gentille et séduisante mélodie de Comets). Ici, point de frayeur non plus, aux moments les plus telluriques (The Sun, Oram), on se prendrait plutôt pour Haroun Tazieff admirant des coulées de lave tirer leurs feux d'artifices qu'aspiré dans la fournaise. Par sa douceur, sa pondération et sa dimension humaine, Fridge nous rappelle que ce groupe fait décidément du post-rock comme personne.

Marc Gourdon
MAGIC RPM  #111


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