Une poignée de singles, dont les séminaux Sequoia et Anglepoised, puis deux albums sur Output ont suffi à ce trio londonien tout juste sorti de l'adolescence pour signer sur une major. Signe des temps ou énième souci d'image d'une industrie en quête de crédibilité, en tout cas la composante post-rock (pour vulgariser) gagne petit à petit sa place sur l'échiquier musical. Et Eph parachève la déconstruction de l'hydre rock, la trame classique basse-batterie-guitare serpente en circonvolutions lentes et vaporeuses, autour de laquelle flottent mollement des instruments que le trio empoigne en toute liberté et au hasard de l'improvisation, les laissant vaquer au gré de pérégrinations mélodiques. Des notes d'orgue lancinantes et un foisonnement de cymbales (Ark, Transcience) téléportent Fridge en plein Pompéi dans les cendres d'un Pink Floyd atomisé. Un sax et un violon vitrifient toute velléité d'énervement rythmique sur Bad Ischl, la boîte à rythmes antédiluvienne de Yttrium proroge la dérive en apesanteur, où gravite déjà Schneider TM et ses confrères germaniques. Une convulsion de contrebasse répétée ad libitum et un frottis de violon hypnotisent Aphelion, ultimes dix minutes de cette immersion dans un caisson amniotique où rock, jazz, dub et electronica baignent en pleine euphorie cataleptique. Encore un groupe qui ne s'est pas remis du festival de Can...