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(Isn’t My Bedroom) A Masterpiece de French Cowboy

chronique d'album
Le sens de l’autodérision plus affûté que jamais, l’ineffable Federico Pellegrini poursuit son marathon discographique avec un nouvel album ahurissant où se bousculent ses plus improbables influences. Car si l’on connaissait son amour pour le rock garage sixties et la scène musicale de Tucson – Jim Waters est toujours de la partie –, le voir chasser sur les mêmes terres que Pulp (It’s A Question Of Time, Planet X) ou The Cure (Saw Your Sister, See Trees Talk Trees) est chose inédite. Très à l’aise dans leurs nouveaux costumes pop, le chanteur vendéen et ses trois acolytes fidèles – anciens Little Rabbits comme lui et groupe scénique de Katerine sur la tournée Robots Après Tout (2005) – débrident une imagination jadis à l’étroit dans un registre unique.

Aujourd’hui, naviguant entre thème Blaxploitation (Girl), folk lysergique (Play With The Boy) et rock foutraque (Super Model, Will You Be Mine?), l’anglophile (Isn’t My Bedroom) A Masterpiece balaie toutes les obsessions musicales de ses auteurs en quinze titres – on pense souvent à Exile On Main Street (1972) des Stones –, sans le moindre faux-pas. Élégamment placé en fin d’album, le bien nommé Dreaming en dit long sur cette mue artistique opérée dans la plus totale cohérence : comme leur vieux complice Katerine sur son dernier Lp à succès, French Cowboy semble désormais prêt à conquérir un plus large public sans renoncer à son intégrité artistique. Conviées à succéder aux troublantes Helena Noguerra (Bang, 2006) et Lisa Li-Lund (Share Horses, 2008), quatre choristes dignes du grand Phil Spector apportent une dimension mélodique supplémentaire à cet édifice dont on n’a pas fini de gravir les sommets.
Renaud Paulik
MAGIC RPM  #140


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