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Baby Face Nelson Was A French Cowboy de French Cowboy

chronique d'album
Les Little Rabbits sont morts, vive French Cowboy ! Ainsi surnommé par Jim Waters à son arrivée dans le studio Waterworks de Tucson (où le groupe du phare Ouest avait pris ses habitudes depuis le mal nommé Grand Public, en 1996), Federico Pellegrini a passé deux ans – “d’errance contrainte et autosuggérée”, dixit l’intéressé – au chevet de cet album important. Déjà, l’année passée, le chanteur des défunts Petits Lapins avait dévoilé ses nouvelles aspirations artistiques, en compagnie envieuse d’Helena Noguerra, dans une forme d’association de malfaiteurs adultérins à la Bonnie & Clyde sous l’identité de Dillinger Girl & “Baby Face” Nelson. Un disque qui fit Bang!, au propre comme au figuré. Entouré de ses trois acolytes (le guitariste Stéphane Louvain, le bassiste Gaëtan Chataignier et le batteur Éric Pifeteau), l’homme au chapeau jette un grand pont entre l’Amérique (le continent de ses fantasmes musicaux) et la France (son Hexagone natal forcément trop exigu). Et si d’aucuns trouveront une certaine continuité artistique avec la discographie des Rabbits, ce disque brille, au contraire, par sa cohérence exemplaire, son sens harmonique, et son interprétation prenante (quoique nasillarde, pouvant irriter telle ouïe féminine). Passant sans ambages d’une mélodie addictive (Happy As Can Be) à un refrain enlevé (Leather Boots), d’un clin d’œil gainsbourien (La Ballade De Baby Face Nelson) à une récréation saturée (Supermarket), French Cowboy semble s’évader pour mieux renaître (Second Skin), atteignant ici ou là des sommets insoupçonnés (Happy As Can Be, Dis-Moi, Share, frissons garantis). “La vie est triste, essayons de la rendre encore moins belle”, aime à répéter Federico Pellegrini. Baby Face Nelson Was A French Cowboy ou la plus belle démonstration du contraire.
Franck Vergeade
MAGIC RPM  #114


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