Biographie
En 2001, quatre jeunes gens enfilent la tenue de rigueur de tout anglo-saxon pubère qui se respecte – à savoir une chemise propre et une raie sur le côté – puis empoignent des instruments sans chichis mais qui ont fait leurs preuves par le passé : une guitare, une basse, une batterie, un clavier et s’installent dans un drôle d'entrepôt désaffecté qu’ils surnomment The Château (en français dans le texte…), abandonné après quelques problèmes avec la police locale les accusant de vente d’alcool illégal, au profit d’une salle municipale du XIXè convertie pour un temps en centre de désintoxication avant de devenir la nouvelle demeure des Franz. Si les affres du début viennent fleurir la légende de ceux qui sont aujourd'hui considérés comme des précurseurs du renouveau du rock britannique et érigés en figures de référence, il reste une question que tout le monde se pose : “Mais quelle idée de se baptiser Franz Ferdinand ?” Une sorte d’hommage de la part de ceux que l’on sait francophiles ? Une passion croisée pour Kafka et Pierrot Le Fou ? Que nenni, c’est devant une course hippique, dont l’un des concurrents était appelé Archduke en référence à l’archiduc François Ferdinand d’Autriche que leur vint l’inspiration. En effet, l’assassinat dudit Ferdinand dans un contexte déjà tendu avait précipité l’explosion de la première guerre mondiale, et les faux Écossais tenaient à ce patronyme synonyme de “changement brutal”. C’est armé des ors de l’aristocratie autrichienne, de la voix claire et élégante d’Alex Kapranos, de références comme les Kinks, Wire, les Who ou des Beatles et de tubes prometteurs à l'instar du dadaïste Take Me Out que le groupe fait éclore des vocations dans les chambres des jeunes aspirants successeurs, futurs Rakes, Dead 60’s ou Arctic Monkeys, dans la foulée d'un premier Lp éponyme. Emporté par la foule et fort de son succès, le quatuor rempile illico avec You Could Have It So Much Better, fidèle successeur qui se place directement en tête des ventes lors de sa sortie et apprécié jusque par… Kanye West. Trois ans se sont écoulés entre l’épreuve du feu du second album et la confirmation du troisième. Trois ans nécessaires à un changement progressif et sensible dans leur approche du matériau précieux qu’ils tiennent entre leurs mains, où la batterie et le synthétiseur occupent une plus large place. Le temps aussi pour Alex Kapranos de se consacrer à sa rubrique gastronomique pour The Guardian et d’ébruiter des projets de comédie musicale à venir… Début 2009 sort Tonight: Franz Ferdinand produit par Dan Carey et annoncé par un single prometteur empreint de mythologie et de littérature, Ulysses, dont l’étymologie grecque, pays originaire de Kapranos, signifie “haïr, être en colère”. Voilà qui nous promet de bien belles heures de fourmis dans les jambes…
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