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You Could Have It So Much Better de Franz Ferdinand

chronique d'album
Parce que la nature humaine est foncièrement mauvaise (si, si), nombreux sont ceux qui rongeaient sévèrement leur frein en espérant que la sensation de l'an 2004 allait revenir avec un album, oh, même pas décevant, mais simplement tièdasse, une sorte de fac-similé grossier de ce premier disque éponyme qui continue de résonner sur les platines du monde entier. Ils pensaient, ces vilains, pouvoir modifier le titre de l'un des singles les plus pernicieusement accrocheurs de ces dernières années en un Take Them Out revanchard et, après tout, pas volé pour ces quatre godelureaux dont tout le monde, de gré comme de force, a fini par s'enamourer. Depuis un an, vous, nous, les autres spéculaient sur les successeurs de ces nouvelles idoles, s'entichant d'à peu près chaque formation qui se risquait à glisser un orteil hors de la Perfide Albion. Si l'on avait su, on aurait sans doute économisé notre peine. Parce qu'à l'écoute de You Could Have It So Much Better, force est de constater que personne ne peut décemment espérer rivaliser avec Franz Ferdinand. Ces coqueluches des temps modernes ont donc passé avec une embarrassante facilité ce que d'aucuns considèrent dans le monde impitoyable de la musique pop "la délicate épreuve du deuxième album", étape que pas mal de leurs congénères ont atrocement foiré. Armés d'une intelligence largement au-dessus de la moyenne, les quatre amis ont réussi à bonifier ce qui est devenu depuis quelques mois leur marque de fabrique, soit cette perversité à proposer dans un seul et même morceau ce qui semble être trois ou quatre chansons différentes. Ruptures dynamiques et mélodies exaltées sont donc bien au rendez-vous, dès The Fallen, intelligemment placé en ouverture, mais aussi dans un premier single hautement contagieux, un Do You Want To qui fait du pied avec insistance à la My Sharona des météoriques The Knack. C'est d'ailleurs la surprise du disque: heureux qui comme Franz Ferdinand a fait de beaux voyages et découvert, entre autres, les grands espaces du Nouveau Monde. Car la seule présence à la production de l'Américain Rich Costey ne saurait expliquer que Well That Was Easy explose comme une bombe Atomic dès les premiers accords ou que Evil And A Heathen ne revêt les atours d'un rockab' déjanté à filer le blues aux White Stripes. Pas avares en (bonnes) idées, les Écossais (ou assimilés) flirtent avec la disco sur un Outsiders que l'on n'hésite pas à jouer gagnant, piquent le riff de Miss You sur les couplets d'un I'm Your Villain qui pourrait bien les conforter dans leurs rôles de héros. Coincées entre des cavalcades pugnaces (This Boy, le morceau-titre), deux ballades ornées de jolis motifs de piano (Eleanor Put Your Boots On en l'honneur de la petite amie d'Alex Kapranos , Fade Together) montrent une nouvelle facette de ces musiciens facétieux qui viennent chatouiller l'ego de Paul McCartney, avant de délivrer à la face de leurs contemporains cet indicible Walk Away, pirouette mélodique en forme de valse pop moderne, LA chanson d'une année en cours déjà riche, pourtant, en hymnes potentiels. "When I woke up tonight/I said I'm gonna make somebody love me", chante un Kapranos goguenard sur Do You Want To. Peut-être ne se doutait-il pas qu'il allait provoquer une émeute. Quoique...
CHRISTOPHE BASTERRA
MAGIC RPM  #94


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AGnrdJGY - 03/11/2011 01:42
Ah, i see. Well that's not too tircky at all!"