Heureux
qui comme Ulysses ouvre ce nouvel
album de Franz Ferdinand. Car Tonight:
Franz Ferdinand est un de ces voyages dont on ne revient pas indemne. Si la
transformation de ces garçons frais émoulus d’école d’art, sexy comme des
endives au jambon et au patronyme archi-impossible avait été amorcée sur You Could Have It So Much Better (2005),
elle semble désormais entièrement achevée. Certes, on savait déjà que les
quatre fantastisch ne consommaient pas
que de l’Orange Juice, mais on se demande désormais à quelle substance ils ont
bien pu couper leur “champus mit lachsfisch”.
Et l’enregistrement de ce troisième Lp dans un ancien bâtiment municipal reconverti un temps en centre de désintoxication a de quoi stimuler notre imagination. Ainsi que la leur, visiblement. Car Alex, Paul, Nick et Bob semblent avoir laissé libre cours à tous leurs fantasmes. Prenant le strict contrepied de leur collaboration avortée avec les faiseurs de tubes de Xenomania, les quatre musiciens ont déniché un producteur-chaman, et se sont livrés pendant de longs mois, plongés dans l’obscurité d’une pièce aux fenêtres condamnées, aux expériences soniques les plus folles. Aux côtés de Dan Carey (la rondeur du son, c’est lui), dont le CV inclus des collaborations avec M.I.A., Santogold, Hot Chip ou la coécriture d’un des meilleurs titres de Kylie Minogue, Slow, Franz Ferdinand a révolutionné sa manière d’enregistrer, et cela s’entend.
Si la plupart des titres de ce nouvel opus résultent de prises épiques dépassant souvent le quart d’heure, puis éditées pour coller au format standard de trois minutes, Lucid Dreams, elle, s’étire bien au-delà du temps réglementaire. Tout en ondulations psychédéliques et affublé d’un final acid, ce morceau de bravoure figure le changement le plus remarquable dans la discographie du groupe de Glasgow. Pourtant, c’est bien lorsque la rupture s’insinue en finesse que cette transition constitue une véritable réussite. Sur Send Him Away, qui débute à la manière d’un classique de fest-noz avant de dériver vers le continent africain, la richesse des arrangements et la complexité des structures parviennent à former un tout indissociable, en même temps qu’un hybride dub-pop des plus aventureux. Et tant mieux si l’outro percussive ne retombe pas toujours sur ses pattes : les accidents font partie du parcours.
Quant à Twilight Omens, qui lui succède, elle renseigne à elle seule et avec peu d’effets d’annonce sur la grâce de l’entreprise : l’écriture est classique, la mélodie de chant imparable, les accords renversants. Si le son des claviers franchement connoté 80’s créé l’étonnement, il s’agit bien là de l’essence même, à la fois mélancolique et joviale, simple et érudite, du travail des quatre musiciens. Le Walk Away de ce nouvel album, en somme, un truc à vous coller des frissons partout dans le corps. Et Can’t Stop Feeling, me direz-vous, c’est de la crevette à Jacqueline ?
Non, c’est aussi l’une des bonnes surprises de ce Tonight: Franz Ferdinand, construite autour d’un riff de clavier orientalisant et d’une basse chaloupée propice aux secousses(cousses). Une réminiscence de l’escapade marocaine de Nick McCarthy ? Tandis que Bite Hard maintient la barre haute en matière de tube fédérateur pour soirées arrosées, Dream Again et Katherine Kiss Me achèvent cette épopée dans l’intimité d’une chambre irradiée par le soleil matinal. Point d’inquiétude, donc, le Franz a toujours la Gaule.
Et l’enregistrement de ce troisième Lp dans un ancien bâtiment municipal reconverti un temps en centre de désintoxication a de quoi stimuler notre imagination. Ainsi que la leur, visiblement. Car Alex, Paul, Nick et Bob semblent avoir laissé libre cours à tous leurs fantasmes. Prenant le strict contrepied de leur collaboration avortée avec les faiseurs de tubes de Xenomania, les quatre musiciens ont déniché un producteur-chaman, et se sont livrés pendant de longs mois, plongés dans l’obscurité d’une pièce aux fenêtres condamnées, aux expériences soniques les plus folles. Aux côtés de Dan Carey (la rondeur du son, c’est lui), dont le CV inclus des collaborations avec M.I.A., Santogold, Hot Chip ou la coécriture d’un des meilleurs titres de Kylie Minogue, Slow, Franz Ferdinand a révolutionné sa manière d’enregistrer, et cela s’entend.
Si la plupart des titres de ce nouvel opus résultent de prises épiques dépassant souvent le quart d’heure, puis éditées pour coller au format standard de trois minutes, Lucid Dreams, elle, s’étire bien au-delà du temps réglementaire. Tout en ondulations psychédéliques et affublé d’un final acid, ce morceau de bravoure figure le changement le plus remarquable dans la discographie du groupe de Glasgow. Pourtant, c’est bien lorsque la rupture s’insinue en finesse que cette transition constitue une véritable réussite. Sur Send Him Away, qui débute à la manière d’un classique de fest-noz avant de dériver vers le continent africain, la richesse des arrangements et la complexité des structures parviennent à former un tout indissociable, en même temps qu’un hybride dub-pop des plus aventureux. Et tant mieux si l’outro percussive ne retombe pas toujours sur ses pattes : les accidents font partie du parcours.
Quant à Twilight Omens, qui lui succède, elle renseigne à elle seule et avec peu d’effets d’annonce sur la grâce de l’entreprise : l’écriture est classique, la mélodie de chant imparable, les accords renversants. Si le son des claviers franchement connoté 80’s créé l’étonnement, il s’agit bien là de l’essence même, à la fois mélancolique et joviale, simple et érudite, du travail des quatre musiciens. Le Walk Away de ce nouvel album, en somme, un truc à vous coller des frissons partout dans le corps. Et Can’t Stop Feeling, me direz-vous, c’est de la crevette à Jacqueline ?
Non, c’est aussi l’une des bonnes surprises de ce Tonight: Franz Ferdinand, construite autour d’un riff de clavier orientalisant et d’une basse chaloupée propice aux secousses(cousses). Une réminiscence de l’escapade marocaine de Nick McCarthy ? Tandis que Bite Hard maintient la barre haute en matière de tube fédérateur pour soirées arrosées, Dream Again et Katherine Kiss Me achèvent cette épopée dans l’intimité d’une chambre irradiée par le soleil matinal. Point d’inquiétude, donc, le Franz a toujours la Gaule.