C’est au milieu d’une Plaine Inondable (2009) que l’on avait croisé Fránçois Marry pour la dernière fois, ses mots piétinés dans l’herbe, lançant un bouleversant “Je regrette tout” avant de partir, nous laissant le loisir de vivre à l’unisson avec ses ritournelles en attendant son retour. Deux ans plus tard, E Volo Love offre l’occasion de joyeuses retrouvailles : la terre humide devenue grand désert, cet ami inconnu nous donne rendez-vous sous un soleil irradiant, revenu grandi de mois de routes, avec une heureuse signature sur le label anglais Domino (une première pour un artiste français), un groupe (The Atlas Mountains) devenu quatuor invulnérable et une poignée de chansons intimes qui offrent une cohérence intense à ce quatrième album. De l’entendre chanter en chœur avec cette bande d’amis trouvée au hasard de ses itinéraires et restés à ses côtés (de Petit Fantôme jusqu’à sa sœur de prénom Françoiz Breut, avec laquelle il converse sur Cherchant Des Ponts) a quelque chose d’émouvant et de beau, comme si Fránçois avait trouvé avec qui s’épanouir pleinement, dans un ailleurs bien à lui où il n’est plus jamais seul, profitant même de l’occasion pour étoffer un vieux morceau, Piscine, n’ayant rien perdu de son magnétisme lugubre. Toujours sur un pont entre calebasses calées sur les battements du cœur et guitares brodant de concert de lumineuses mélodies dans l’écho, des titres comme Edge Of Town ou Les Plus Beaux semblent faire naitre un été éternel, dont la chaleur apaise l’âme.
Les percussions (jouées par le talentueux Amaury Ranger, qui joue dans Archipel) grouillent dans le fond avec une évidence naturelle, clapotant des grooves liquides tantôt vibrants, tantôt langoureux, qui viennent se marier aux couleurs pastel de ces compositions lumineuses, comme dans une aquarelle. Plus loin, c’est une pop aux basses rondes qui se déploie avec élégance et vient bercer tendrement l’auditeur sur Slow Love et City Kiss, avec quelques cordes sur les codas, sans jamais essayer de forcer l’émotion. Dans un incessant va-et-vient romantique, la mélancolie traverse ces onze éclats de vie qui se répondent comme les lettres d’un palindrome (E Volo Love en est un superbe), les imprégnant tous plus ou moins, parfois mystérieusement. Tout se mélange. Des éclats de tristesse s’immiscent au cœur d’un Muddy Heart où une agitation pop imparable masque pudiquement des douleurs qui ne cicatrisent jamais tout à fait (“We go on buying the same old pic-nic/Mud is dripping on the stuff you bite in”) tandis qu’un Bail Éternel au dépouillement synthétique solennel ne peut s’empêcher de faire jaillir une teinte douce et rassurante, où la voix de Fránçois semble pleine de majesté et de calme. D’un bout à l’autre d’E Volo Love court une sorte d’espoir innocent, invoqué dans ses derniers instants par des mots simples : “Better times/Come to me”. C’est comme s’ils étaient déjà là.
Les percussions (jouées par le talentueux Amaury Ranger, qui joue dans Archipel) grouillent dans le fond avec une évidence naturelle, clapotant des grooves liquides tantôt vibrants, tantôt langoureux, qui viennent se marier aux couleurs pastel de ces compositions lumineuses, comme dans une aquarelle. Plus loin, c’est une pop aux basses rondes qui se déploie avec élégance et vient bercer tendrement l’auditeur sur Slow Love et City Kiss, avec quelques cordes sur les codas, sans jamais essayer de forcer l’émotion. Dans un incessant va-et-vient romantique, la mélancolie traverse ces onze éclats de vie qui se répondent comme les lettres d’un palindrome (E Volo Love en est un superbe), les imprégnant tous plus ou moins, parfois mystérieusement. Tout se mélange. Des éclats de tristesse s’immiscent au cœur d’un Muddy Heart où une agitation pop imparable masque pudiquement des douleurs qui ne cicatrisent jamais tout à fait (“We go on buying the same old pic-nic/Mud is dripping on the stuff you bite in”) tandis qu’un Bail Éternel au dépouillement synthétique solennel ne peut s’empêcher de faire jaillir une teinte douce et rassurante, où la voix de Fránçois semble pleine de majesté et de calme. D’un bout à l’autre d’E Volo Love court une sorte d’espoir innocent, invoqué dans ses derniers instants par des mots simples : “Better times/Come to me”. C’est comme s’ils étaient déjà là.
