Plaine Inondable de Frànçois And The Atlas Mountains
chronique d'album
Pour auréoler la singularité d’un artiste, le scribouillard raconte
souvent qu’il habite “son propre univers”. À ce train-là, le scribouillard
enverra d’un geste sûr la tarte à la crème au visage de Frànçois, tant le
musicien paraît respirer un air qu’il est le seul à pouvoir déceler. Gonflé par
cet oxygène unique, le Charentais à l’accent mal placé souffle son onirisme à
la lumière d’une frêle bougie, chante sa mélancolie telle une timide amie, et
dicte tout étourdi des textes qui alternent avec une pertinence huilée paroles
anglaises et prose française.
Le résultat d’un exil consenti en 2003, lorsque le musicien s’installe à Bristol pour y éditer trois albums en catimini, avant de revenir au bercail l’année dernière, à Saintes, là où ses accointances avec Uncle Jelly Fish lui permettent d’incarner de plus belle un déracinement musical dont Plaine Inondable est l’ensorcelant carnet de route. Dès son ouverture, Friends tire un émouvant rideau d’intimité derrière lequel une ritournelle, dessinée par un piano et un violon, carillonne au centre d’une orchestration aussi foisonnante que mesurée. Be Water (Je Suis De L’Eau) nous présente ensuite la chorale féminine Bostgehio, une formation polyphonique basque qui gratifie de ses intonations collectives deux autres titres du disque. Mais point question d’inviter toutes ses cordes vocales à vociférer en pleine fête à neuneu. Non, il s’agit plutôt d’agencer des jeux de gorge mutins et profonds, quand l’homme sensible et les femmes justes dialoguent en dénudant largement l’instrumentation pour épanouir la force du chant.
Une finesse qui sublime de toutes parts les compositions où Frànçois fait trembloter sa seule glotte, accompagné par son fidèle orchestre The Atlas Mountains. On pense parfois à la tristesse spectrale de Minus Story (Wonder), à la blancheur mélodique de Transmissionary Six (Remind), à l’acoustique tremblante de Fog (Pic-Nic), ou à un Dominique A chétif qui aurait emprunté l’inspiration ailée de Department Of Eagles pour voler hors du monde (Otages, Years Of Rain). Surtout, en plein cœur de ce disque dépourvu d’attaches plane une ode bouleversante qui finit d’asseoir le bon Frànçois dans un strapontin encerclé par le vide. Drivé par un piano qui ravale ses notes comme on réprime ses plaintes, rythmé par un frottement en écho, toisé par une trompette qui dépayse, Moitiée marque au fer rouge.
Une fois n’est pas coutume, v’là les paroles qui méritent bien d’être encrées à jamais dans le coin : “Dans ma grande prison en bois foncé/Rêves de girlfriends au loin tombées/Loin du champ des souvenirs, oubliées/Mais quand de nuit viennent me visiter/Elles me disent : ‘Frànçois, j’ai voulu t’aider/Je t’ai tout donné, tu n’as pris qu’à moitiée/Ne crois donc tu en rien/Pas en toi/Laisses-tu passer les jours à côté/Vis-tu de nuit pour nous voir à moitié ?/Vêtu de nuit pour nous voir à moitié/La moitiée que tu aimes à prendre et à laisser’”.
Le résultat d’un exil consenti en 2003, lorsque le musicien s’installe à Bristol pour y éditer trois albums en catimini, avant de revenir au bercail l’année dernière, à Saintes, là où ses accointances avec Uncle Jelly Fish lui permettent d’incarner de plus belle un déracinement musical dont Plaine Inondable est l’ensorcelant carnet de route. Dès son ouverture, Friends tire un émouvant rideau d’intimité derrière lequel une ritournelle, dessinée par un piano et un violon, carillonne au centre d’une orchestration aussi foisonnante que mesurée. Be Water (Je Suis De L’Eau) nous présente ensuite la chorale féminine Bostgehio, une formation polyphonique basque qui gratifie de ses intonations collectives deux autres titres du disque. Mais point question d’inviter toutes ses cordes vocales à vociférer en pleine fête à neuneu. Non, il s’agit plutôt d’agencer des jeux de gorge mutins et profonds, quand l’homme sensible et les femmes justes dialoguent en dénudant largement l’instrumentation pour épanouir la force du chant.
Une finesse qui sublime de toutes parts les compositions où Frànçois fait trembloter sa seule glotte, accompagné par son fidèle orchestre The Atlas Mountains. On pense parfois à la tristesse spectrale de Minus Story (Wonder), à la blancheur mélodique de Transmissionary Six (Remind), à l’acoustique tremblante de Fog (Pic-Nic), ou à un Dominique A chétif qui aurait emprunté l’inspiration ailée de Department Of Eagles pour voler hors du monde (Otages, Years Of Rain). Surtout, en plein cœur de ce disque dépourvu d’attaches plane une ode bouleversante qui finit d’asseoir le bon Frànçois dans un strapontin encerclé par le vide. Drivé par un piano qui ravale ses notes comme on réprime ses plaintes, rythmé par un frottement en écho, toisé par une trompette qui dépayse, Moitiée marque au fer rouge.
Une fois n’est pas coutume, v’là les paroles qui méritent bien d’être encrées à jamais dans le coin : “Dans ma grande prison en bois foncé/Rêves de girlfriends au loin tombées/Loin du champ des souvenirs, oubliées/Mais quand de nuit viennent me visiter/Elles me disent : ‘Frànçois, j’ai voulu t’aider/Je t’ai tout donné, tu n’as pris qu’à moitiée/Ne crois donc tu en rien/Pas en toi/Laisses-tu passer les jours à côté/Vis-tu de nuit pour nous voir à moitié ?/Vêtu de nuit pour nous voir à moitié/La moitiée que tu aimes à prendre et à laisser’”.
1 réaction réagir
Disque superbe et qui existe aussi en édition vinyle avec pochette dépliante, disque translucide... le vrai luxe! Sorti sur le label Lejos Discos.